Hu Jintao au Portugal : la Chine promet son aide, sans s'engager

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Le président chinois Hu Jintao a promis son "soutien" au Portugal pour l'aider à sortir de la crise, sans toutefois prendre aucun engagement financier, ni en matière d'investissements économiques, ni sur la question d'un éventuel achat de dette.
Le président chinois Hu Jintao a promis son "soutien" au Portugal pour l'aider à sortir de la crise, sans toutefois prendre aucun engagement financier, ni en matière d'investissements économiques, ni sur la question d'un éventuel achat de dette. — Patricia de Melo Moreira AFP

Le président chinois Hu Jintao a promis son "soutien" au Portugal pour l'aider à sortir de la crise, sans toutefois prendre aucun engagement financier, ni en matière d'investissements économiques, ni sur la question d'un éventuel achat de dette.

Contrastant avec la moisson de contrats engrangés par la France lors du séjour du dirigeant chinois, le Portugal n'a recueilli que des promesses et déclarations d'intention, même si plusieurs grandes entreprises portugaises ont fait état de "négociations avancées".

"Nous sommes disposés à soutenir par des mesures concrètes les efforts du Portugal à réduire les impacts de la crise internationale", a déclaré, sans plus de détails, M. Hu Jintao lors d'une conférence de presse finale avec le Premier ministre portugais José Socrates.

La visite d'Etat de deux jours du chef de l'Etat chinois avait suscité ces derniers jours de fortes spéculations au Portugal sur la possibilité que Pékin annonce, comme il l'a fait le mois dernier pour la Grèce, sa disponibilité à acheter des titres de dette portugaise, dont les taux d'intérêt sont au plus haut.

Dimanche, les deux pays ont annoncé une série d'accords de coopération et de partenariats entre entreprises dans les secteurs du tourisme, des télécommunications, de l'enseignement, de la finance et des énergies renouvelables, mais aucun contrat.

Selon les médias portugais, des négociations sont en cours qui pourraient déboucher à terme sur des contrats, impliquant en particulier des investissements chinois dans le port en eau profonde de Sines (sud), mais aussi des prises de capital dans les secteurs de l'énergie et la banque.

Dimanche, le patron du groupe Energias de Portugal Antonio Mexia a ainsi fait état de l'intérêt manifesté par l'électricien China Power International (CPI) à devenir un "actionnaire de référence" du groupe.

EDP fait partie des entreprises dont le gouvernement portugais veut se désengager dans le cadre de son programme de réduction de la dette publique.

EDP et CPI ont déjà signé dimanche un accord de coopération dans le secteur des énergies renouvelables, qui prévoit un "soutien d'EDP à CPI en Europe, en Afrique et au Brésil".

Par ailleurs, selon plusieurs médias portugais, des discussions sont en cours pour une prise de participation chinoise dans la BCP, première banque privée du pays fortement implantée en Angola, le principal fournisseur de pétrole de la Chine.

La BCP et sa rivale, BPI, ont toutes deux annoncé dimanche des partenariats avec des banques chinoises, BPI avec Bank of China et BCP avec Industrial and commercial Bank of China, afin d'"identifier des opportunités d'investissement" en Chine.

A plusieurs reprises au cours de sa visite, le président Hu a insisté sur la volonté de la Chine de s'appuyer sur l'expertise portugaise pour développer ses échanges avec l'ensemble du monde lusophone, en particulier le Brésil et l'Angola.

La Chine souhaite "étudier avec le Portugal les moyens de développer la coopération économique et commerciale chinoise avec d'autres pays d'expression portugaise", avait déclaré samedi soir le président Hu, lors du banquet officiel offert en son honneur.

Dimanche, le Portugal et la Chine ont affiché leur "ambition de doubler leurs échanges commerciaux d'ici 2015".

Actuellement, le volume d'échanges entre les deux pays est très marginal. Le Portugal ne se classe qu'à la 77e place des fournisseurs de la Chine (222 millions d'euros d'exportations en 2009) et est son 65e client (1,1 milliard d'euros d'importations en 2009).

A titre de comparaison, selon les données fournies par la délégation chinoise au premier jour de sa visite à Lisbonne, sur les huit premiers mois de 2010, le volume des échanges avec l'ensemble des pays lusophones a dépassé les 58,5 milliards de dollars.