Réforme des retraites: que peuvent faire les syndicats?

SOCIAL L'intersyndicale doit se mettre d’accord jeudi...

Elsa Meyer

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Soulignant qu'"à sept reprises, plusieurs millions de salariés sont descendus dans la rue" contre la réforme, FO a rappelé avoir "à plusieurs reprises (...) proposé un appel national commun des confédérations syndicales à 24h de grève interprofessionnelle (...) ce qui a été refusé par d'autres organisations syndicales.
Soulignant qu'"à sept reprises, plusieurs millions de salariés sont descendus dans la rue" contre la réforme, FO a rappelé avoir "à plusieurs reprises (...) proposé un appel national commun des confédérations syndicales à 24h de grève interprofessionnelle (...) ce qui a été refusé par d'autres organisations syndicales. — Bertrand Langlois AFP/Archives

Même si la loi sur la réforme des retraites a été votée, l’intersyndicale ne compte pas baisser les bras.  Elle se réunit ce jeudi pour décider des suites à donner au mouvement.

Une huitième journée de mobilisation est déjà prévue samedi. Mais après? Tous les syndicats ne sont pas d’accord sur la marche à suivre.

Journée de mobilisation

Pour tenter encore une fois d’infléchir le gouvernement, la CGT va proposer  «de reprogrammer une autre journée de mobilisation interprofessionnelle dans le courant du mois de novembre», a expliqué son secrétaire général Bernard Thibault à Reuters.

Tant que le texte n’est pas promulgué, la loi n’existe pas pour le syndicat. Il attend ensuite aussi son examen par le Conseil constitutionnel qui doit se prononcer au plus tard début décembre.

«Même après, nous ne comptons pas en rester là. La loi n’est pas bonne et elle peut très bien être modifiée. Nous inscrivons notre mouvement dans le long terme, il peut encore durer des mois», explique à 20minutes.fr Eric Aubin, chargé du dossier retraites à la CGT.

Nouvelles formes d’actions

Mais «on ne va pas continuer à faire des manifestations tous les huit jours comme cet automne», souligne de son côté le leader de la CFTC, Jacques Voisin.

Car la mobilisation s’essouffle. Combiné aux vacances de la Toussaint, le vote du projet de loi a fait chuter de moitié environ les chiffres de participation à la dernière manifestation du 28 octobre, par rapport au pic de 1,2 à 3,5 millions de personnes selon les sources. La reprise du travail dans les raffineries, qui a entraîné une pénurie de carburant dans certaines régions, a aussi sonné le glas de grandes grèves à la manière de celles de 1995.

«La grève coûte également très cher aux salariés. Nous devons donc penser à d’autres formes de mobilisation comme des actions ciblées sur des entreprises ou des territoires», précise Eric Aubin. 

Hors de question cependant de changer la méthode pour Force ouvrière. «Parler de nouvelles formes de mobilisation, c'est de la langue de bois syndicale. Ça veut dire qu'on plie les gaules», tempête Jacques Valladon. «Nous ne lâchons pas les retraites, on ne passe pas à autre chose», explique-t-il.

Négociations sur d’autres sujets

Pour certains syndicats, le temps de la mobilisation est toutefois bien terminé. «Si personne n’est capable de se remettre autour d’une table, pour quelles raisons alors faire grève?», s’interroge Philippe Louis, secrétaire général de la CFTC, interviewé par 20minutes.fr.

«La loi a été votée, nous sommes déçus que rien n’ait changé mais la France connaît une crise sociale majeure qui pourrait être aggravée par ce texte. Nous devons donc maintenant négocier avec le patronat autour des questions des pénibilité, d’emploi des jeunes et des seniors», précise-t-il.

La présidente du Medef, Laurence Parisot, a commencé  à recevoir les syndicats. La CFE-CGC a ouvert le bal cette semaine. D'autres rendez-vous sont fixés avec la CFTC, FO et la CFDT.