La valse des chefs continue dans la City, LBG débauche un ténor de Santander

© 2010 AFP

— 

La valse des patrons continue de plus belle au sein des banques de la City, Lloyds Banking Group (LBG) débauchant le patron des activités britanniques de sa grande rivale espagnole Santander, lui-même remplacé aussitôt par la fille du président du groupe.
La valse des patrons continue de plus belle au sein des banques de la City, Lloyds Banking Group (LBG) débauchant le patron des activités britanniques de sa grande rivale espagnole Santander, lui-même remplacé aussitôt par la fille du président du groupe. — Gabriel Bouys AFP/Archives

La valse des patrons continue de plus belle au sein des banques de la City, Lloyds Banking Group (LBG) débauchant le patron des activités britanniques de sa grande rivale espagnole Santander, lui-même remplacé aussitôt par la fille du président du groupe.

Le directeur général de LBG, Eric Daniels, qui avait annoncé en septembre son intention de quitter son poste à brève échéance, sera remplacé le 1er mars par le portugais Antonio Horta-Osorio, âgé de 46 ans, a annoncé mercredi la banque.

Santander, qui perd ainsi l'architecte en chef de son expansion effrénée au Royaume-Uni, n'a pas traîné pour le remplacer. Elle a annoncé en fin d'après-midi qu'Ana Patricia Botin, la propre fille d'Emilio Botin, son puissant président, prendrait la direction de sa filiale britannique.

Elle deviendra ainsi la première femme à diriger une grande banque au Royaume-Uni, et cette mission de confiance devrait conforter tous ceux qui prédisent qu'elle succédera un jour à son père.

Ana Patricia Botin occupait depuis 2002 la présidence de la banque espagnole Banesto, filiale de Santander. Antonio Basagoiti doit prendre le poste de "président non-executif" à Banesto au côté de l'actuel PDG Jose Garcia Cantera, selon Santander.

Antonio Horta-Osorio est une recrue de choix pour LBG qui peine à se remettre de la crise. LBG, qui fait figure de mastodonte sur le marché britannique mais est peu connue à l'étranger, est issue de la fusion début 2009 de Lloyds TSB, alors en parfaite santé, et de sa rivale HBOS qui était à l'inverse criblée de créances "toxiques".

Ce mariage en apparence bancal avait été conclu précipitamment pour sauver HBOS de la déconfiture, avec la bénédiction de l'Etat britannique qui détient depuis lors plus de 40% du capital du nouveau groupe.

La banque a encore supprimé 4.500 postes le mois dernier et dit employer actuellement 106.000 personnes.

M. Horta-Osorio, dont la rémunération chez LBG pourrait atteindre 7,7 millions de livres (près de 9 millions d'euros) l'an prochain, a assuré qu'il s'attelerait à redresser les opérations de la banque au Royaume-Uni, ce qui prendra des années, avant de songer à la développer à l'étranger.

Le futur patron de LBG a un solide bilan à son actif. Il dirige avec succès les activités britanniques de Santander depuis 2006 et a été l'architecte de son expansion outre-Manche.

La banque espagnole a en effet profité de la crise qui a durement frappé le secteur financier britannique, pour étendre considérablement ses activités au Royaume-Uni. Après avoir avalé Abbey en 2004, elle a mis la main pour une bouchée de pain sur les réseaux de détail d'Alliance & Leicester et de Bradford & Bingley.

Elle est de plus en train de racheter 318 agences britanniques à la Royal Bank of Scotland, ce qui devrait porter à plus de 1.600 le nombre de ses succursales en Grande-Bretagne, et est considérée comme l'une des candidates les plus sérieuses à la reprise d'agences mises en vente parallèlement par LBG.

Le départ de M. Horta-Osorio intervient par ailleurs alors que, selon des informations récurrentes, Santander prépare son entrée à la Bourse de Londres afin de financer son expansion. Selon la presse madrilène, l'opération pourrait intervenir au premier semestre 2011.

Cette nomination marque aussi un nouvel épisode de la valse des patrons, qui agite la City depuis la rentrée. Chez Barclays, l'Américain Bob Diamond va ainsi succéder au Britannique John Varley, tandis que Michael Geoghegan cèdera les rênes de HSBC à Stuart Gulliver.

La Bourse de Londres a salué ce transfert: LBG a gagné 2,69% à 69,2 pence, se détachant au sein d'un marché en baisse de 0,15%, tandis qu'à Madrid, Santander a lâché 3,52% à 8,69 euros, dans un marché en recul de 1,79%.