Vins: les coopératives veulent une augmentation des prix

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Les coopératives viticoles ont demandé mercredi une augmentation des prix, notamment pour les vins d'entrée de gamme, alors que la production est prévue en baisse cette année par rapport à 2009.
Les coopératives viticoles ont demandé mercredi une augmentation des prix, notamment pour les vins d'entrée de gamme, alors que la production est prévue en baisse cette année par rapport à 2009. — Jean-Pierre Clatot AFP/Archives

Les coopératives viticoles ont demandé mercredi une augmentation des prix, notamment pour les vins d'entrée de gamme, alors que la production est prévue en baisse cette année par rapport à 2009.

Les coopératives représentent 50% de la production nationale, l'autre moitié étant constituée de producteurs indépendants.

"Nous avons besoin d'un rattrapage de prix en faveur du vigneron, toutes régions confondues, même si quelques productions, comme le rosé de Provence, ont mieux traversé la crise que d'autres", a affirmé, mercredi lors d'une conférence de presse à Paris, Denis Verdier, président de la Confédération des coopératives vinicoles de France (CCVF).

"La situation conjoncturelle s'améliore" avec une reprise des exportations depuis le début de 2010, a reconnu le responsable qui souhaite "transformer l'essai".

La hausse des prix doit atteindre "au moins 10%" pour "permettre à la filière de s'en sortir un peu mieux", selon le responsable, qui vise en particulier les vins d'entrée de gamme, y compris de cépages (grenache, sauvignon, cabernet-sauvignon, chardonnay, merlot, syrah), livré en vrac aux négociants.

Ce "rattrapage" doit compenser la baisse des prix payés aux producteurs l'an dernier et dont le consommateur, a regretté M. Verdier, "ne s'est pas rendu compte dans les rayons de la grande distribution". Il a évalué cette baisse à environ 10%, équivalente à l'augmentation demandée.

"Le consommateur ne doit pas payer cette augmentation", a ajouté le patron des caves coopératives françaises. Selon lui, "il faut aller la chercher dans les marges, en particulier de la grande distribution".

A ce sujet, M. Verdier s'est félicité de la mise en place d'un observatoire des prix et des marges dans les produits alimentaires qui apportera de la "transparence". La création de cet organisme fait suite à la loi de modernisation de l'agriculture et de la pêche (LMAP), votée cet été.

La hausse des prix est d'autant plus attendue que la production pour la saison 2010-2011 sera en baisse de 3% par rapport à celle de l'an dernier à 45,5 millions d'hectolitres, a indiqué le patron des coopératives.

Celui-ci a désormais décidé de communiquer largement pour faire connaître les prévisions établies par la CCVF afin de contrer les estimations "erronées" du ministère de l'Agriculture.

Début août, Agreste, le service statistique du ministère, avait fait état de prévisions de récolte supérieures à celle de 2009 alors que début octobre il revoyait en nette baisse son estimation, prévoyant désormais une récolte inférieure à celle de l'année dernière.

"Depuis quatre ans, Agreste se trompe systématiquement sur ses prévisions", a lancé M. Verdier, réaffirmant que ses "méthodes de calcul étaient mauvaises".

"Les prévisions, surtout quand elles sont issues du ministère de l'Agriculture, ont un impact sur le marché", avait souligné en octobre le président de la CCVF dans une lettre ouverte au ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire.

"Prévoir une récolte à la hausse lorsque se négocient des contrats d'achat, n'est pas sans incidence", s'était insurgé M. Verdier qui affirme n'avoir reçu aucune réponse à son courrier.

"Les ajustements des prévisions en 2010 ne sont pas plus importants que ceux des autres années", a indiqué de son côté le ministère de l'Agriculture, qui souligne également que ces estimations doivent être abordées avec "prudence" par les professionnels en raison de leur variabilité.