Hermès demande à LVMH de sortir de son capital

LUXE Les deux dirigeants estiment son entrée «inamicale»...

E.M.

— 

Un magasin Hermès à New York (Etats-Unis) en septembre 2010.
Un magasin Hermès à New York (Etats-Unis) en septembre 2010. — FRANCES M. ROBERTS/NEWSCOM/SIPA

Hermès ne veut pas de LVMH. Le groupe de luxe a demandé à son concurrent de se retirer de son capital, ont déclaré ses dirigeants, Patrick Thomas et Bertrand Puech, dans une interview publiée mercredi par le journal Le Figaro.

Prise de participation

A la surprise générale, LVMH a annoncé il y a dix jours une prise de participation de 17,1%. Le groupe dirigé par Bernard Arnault a assuré qu’il ne comptait pas prendre le contrôle du groupe ou lancer une OPA.  Mais «cette arrivée n'a rien d'amicale. Elle n'a été ni désirée ni sollicitée», souligne Patrick Thomas.

Les dirigeants du groupe, détenu à 73% par la famille du fondateur, affirment avoir rencontré Bernard Arnault de manière «courtoise et franche». Ils lui ont tout bonnement demandé de bien vouloir sortir du capital de la société.

Intentions inconnues

Car Patrick Thomas et Bertrand Puech n’ont pas confiance dans les objectifs poursuivis par LVMH. «Il est très probable qu'il (LVMH) monte au capital, je ne connais pas ses intentions. Mais la famille Hermès est extrêmement soudée et décidée à garder le contrôle par sa commandite, qui a été créée pour protéger la culture de ce joyau construit depuis six générations», souligne Patrick Thomas.

Les deux dirigeants s’interrogent en outre sur la manière dont cette prise de participation a pu avoir lieu.  «Il existe une réglementation boursière qui a notamment pour objet de protéger les actionnaires minoritaires. Or un groupe est capable de prendre, via des produits financiers, 17 %, soit les deux tiers du flottant, sans signaler aucun franchissement de seuil. On ne peut que s'interroger», relève Patrick Thomas.

Dispositions légales

Selon les dispositions légales, une déclaration de franchissement de seuil est obligatoire auprès de l'Autorité des marchés financiers (AMF) dès qu'une société ou une personne acquiert 5% du capital d'une entreprise. Mais aucune déclaration de ce type n’a jusqu’ici été faite auprès de l'AMF. LVMH a pourtant assuré s'être «conformé scrupuleusement à la réglementation boursière française». L’AMF a annoncé la semaine dernière qu’elle allait vérifier la régularité de cette entrée fracassante.

>> La mystérieuse arrivée de LVMH au capital d’Hermès: le décryptage de 20minutes.fr par ici