En neuf mois la Société générale fait son objectif annuel

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La banque Société Générale a enregistré au troisième trimestre un bénéfice net plus que doublé (+110%) à 896 millions d'euros, supérieur aux attentes et porté par la baisse du coût du risque (provisions liées aux impayés), selon un communiqué publié mercredi.
La banque Société Générale a enregistré au troisième trimestre un bénéfice net plus que doublé (+110%) à 896 millions d'euros, supérieur aux attentes et porté par la baisse du coût du risque (provisions liées aux impayés), selon un communiqué publié mercredi. — Joel Saget AFP/Archives

La Société Générale a confirmé mercredi son rebond au troisième trimestre, avec un bénéfice qui lui permet de dépasser en neuf mois seulement ses objectifs annuels, et entend passer haut la main l'obstacle majeur que constitue l'arrivée des nouvelles normes réglementaires.

Comme lors des deux premiers trimestres de 2010, la banque a dépassé les attentes sur la période allant de juillet à septembre, avec à la clef un bénéfice net plus que doublé à 896 millions d'euros.

"C'est la confirmation du rebond de Société Générale", a affirmé le PDG Frédéric Oudéa, pour qui "ce troisième trimestre marque clairement une nouvelle étape pour le groupe".

L'objectif d'un bénéfice net annuel de 3 milliards d'euros, fixé en début d'année, est d'ores et déjà dépassé sur les trois premiers trimestres de 2010, avec un profit cumulé de 3,04 milliards.

L'établissement de La Défense a bénéficié d'un bon dynamisme commercial, notamment en banque de détail, mais aussi d'une baisse des provisions liées aux crédits non remboursés (coût du risque).

Elles ont nettement reculé en banque de financement et d'investissement, grâce à la bonne tenue du portefeuille d'actifs illiquides (en cours de cession progressive), qui semble désormais sous contrôle, mais aussi dans les activités liées aux particuliers.

Le PDG prévoit une poursuite de la décrue des provisions au cours des prochains trimestres.

Portée par ce reflux, la banque de détail à l'international a ainsi opéré un net redressement, alors qu'elle était considérée comme le talon d'Achille de la banque depuis le début de la crise.

Symbole de cette embellie, le retour à l'équilibre de la filiale russe, en pertes récurrentes en 2009 et au premier semestre 2010.

Pour Société Générale, ce qui était un boulet au plus fort de la crise peut devenir un moteur de croissance avec l'amélioration de la conjoncture économique.

"La Société Générale est l'une des rares banques a avoir en son sein des actifs offrant de la croissance dans les prochaines années", a ainsi fait valoir Frédéric Oudéa.

Si les résultats ont séduit le marché, le titre prenant la tête du CAC 40, les analystes ont plus encore retenu les projections du groupe en matière d'évolution des fonds propres, le grand sujet d'intérêt actuellement.

Le nouveau cadre réglementaire dit Bâle III qui doit s'appliquer aux banques à compter de début 2013, va nettement relever le niveau des réserves qu'elles devront conserver par sécurité.

Au terme de la phase de transition, en 2019, le ratio de fonds propres "durs" (actions et bénéficies mis en réserve) rapporté aux engagements devra atteindre au moins 7%, contre 2% aujourd'hui.

Beaucoup plus radicale, comme beaucoup des grands acteurs du secteur qui se sont exprimés sur le sujet, la Société Générale table elle sur un ratio à 7,5% dès début 2013.

Résultat mis en réserve, versement du dividende en actions (optionnel), éventuelles cessions, réduction sensible du portefeuille d'actifs illiquides, maîtrise des coûts, la banque va user de tous les leviers ou presque pour gagner la course aux fonds propres sans faire appel au marché.

"Nous n'aurons pas besoin de lever du capital. Je l'exclus parce que nous avons des belles perspectives de résultats", a soutenu M. Oudéa.

"Cette annonce est importante parce qu'elle souligne que Société Générale devrait être en conformité avec les nouvelles règles bien avant qu'elles ne s'appliquent", ont expliqué les analystes de Credit Suisse.

Le marché a ainsi choisi de croire au scénario présenté par Société Générale, à l'instar de Jean-Pierre Lambert, analyste de KBW, qui a salué une "incertitude réduite sur Bâle III".