Piratage: le cycliste Floyd Landis et EDF renvoyés devant la justice

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Une vaste affaire de piratage informatique va placer sur le même banc des prévenus EDF et le cycliste américain Floyd Landis, qui seront respectivement jugés en correctionnelle à Nanterre, pour l'espionnage de Greenpeace et du Laboratoire national de dépistage du dopage.
Une vaste affaire de piratage informatique va placer sur le même banc des prévenus EDF et le cycliste américain Floyd Landis, qui seront respectivement jugés en correctionnelle à Nanterre, pour l'espionnage de Greenpeace et du Laboratoire national de dépistage du dopage. — Stephane Danna AFP/Archives

Une vaste affaire de piratage informatique va placer sur le même banc des prévenus EDF et le cycliste américain Floyd Landis, qui seront respectivement jugés en correctionnelle à Nanterre, pour l'espionnage de Greenpeace et du Laboratoire national de dépistage du dopage.

Le juge d'instruction Thomas Cassuto estime que le groupe d'énergie comme le vainqueur déchu du Tour de France 2006 ont utilisé les services d'un informaticien-hacker présumé, Alain Quiros. Cette décision, rendue publique par une partie civile, va au-delà des réquisitions du ministère public qui n'avait pas souhaité poursuivre le cycliste américain.

Cette complexe affaire d'espionnage a débuté en 2006 par une plainte du Laboratoire national du dépistage du dopage (LNDD), dénonçant des intrusions dans son système informatique. Au fil de leur investigation, les enquêteurs tombent sur la trace d'une société d'intelligence économique, Kargus Consultants.

Dans l'ordinateur d'un salarié de cette société, l'informaticien Alain Quiros, se trouvent pêle-mêle des documents révélant l'espionnage de l'organisation de protection de l'environnement Greenpeace par EDF, du LNDD et d'un avocat chargé de la défense des petits actionnaires de Vivendi, Me Frédérik-Karel Canoy.

Dans le volet économique, EDF et deux anciens responsables de la sécurité du groupe, mis en examen en 2009 pour "complicité et recel d'intrusion frauduleuse informatique" au préjudice de l'ex-directeur des campagnes de Greenpeace France, Yannick Jadot, aujourd'hui député européen (Europe Ecologie), ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel de Nanterre.

Il est reproché aux deux ex-responsables, Pierre François et Pascal Durieux, d'avoir fait pirater l'ordinateur du dirigeant écologiste, en 2006, afin de recueillir des renseignements sur les activités de l'organisation non gouvernementale connue pour ses positions anti-nucléaires.

EDF s'est très vite désolidarisé de ses anciens employés, se disant "victime" des agissements de la société Kargus Consultants, coupable à ses yeux d'avoir dépassé le cadre d'un contrat signé en 2006, qui stipulait simplement une "veille" des actions menées par les écologistes.

Dans le volet sportif, le cycliste américain Floyd Landis et son entraîneur Arnie Baker, visés tous les deux par un mandat d'arrêt international depuis janvier, sont également renvoyés devant la justice.

Floyd Landis, dont la victoire dans le Tour de France en 2006 avait été annulée après un contrôle positif à la testostérone, avait avoué en mai qu'il avait eu recours au dopage durant l'essentiel de sa carrière. Toutefois, il a toujours refusé d'être entendu par le juge d'instruction de Nanterre.

Poursuivis pour "recel d'intrusion frauduleuse dans un système de traitement automatisé", les deux hommes sont soupçonnés d'avoir obtenu illégalement des documents du LNDD afin de contester les résultats montrant que Landis s'était dopé.

L'enquête a également démontré que l'ordinateur de l'avocat Frédérik-Karel Canoy, qui défend les petits actionnaires de Vivendi, avait été piraté par M. Quiros.

"Vivendi est le grand absent de cette ordonnance de renvoi, qui a pourtant commandité mon espionnage", a regretté mardi l'avocat, après avoir révélé à l'AFP le contenu de l'ordonnance de renvoi.

Il a ajouté qu'il avait cité en correctionnelle le groupe et lui réclame un millions d'euros de dommages et intérêts.

Au total, huit personnes sont renvoyées en correctionnelle dans cette affaire. Le gérant de Kargus Consultants, Thierry Lorho, et son informaticien Alain Quiros seront sans aucun doute les "prévenus-clé" de ce procès.