Tout savoir sur la finance solidaire

PLANETE Le point sur ces nouveaux produits d'épargne à l'occasion de la Semaine de la finance solidaire...

Audrey Chauvet

— 

La société de Mélanie fait partie des 295 entreprises financées par l'Adie en 2009.
La société de Mélanie fait partie des 295 entreprises financées par l'Adie en 2009. — g.varela / 20 minutes

Finance solidaire, deux termes a priori éloignés. Du 3 au 10 novembre, Finansol, association des acteurs de l’épargne solidaire, organise la Semaine de la finance solidaire pour prouver que l’argent épargné peut faire le bonheur de petits entrepreneurs sociaux et contribuer à la lutte contre l’exclusion, à la cohésion sociale et au développement durable.

Où va l’argent épargné?

En ouvrant un placement solidaire, sous forme de livret, Sicav, FCP ou épargne salariale, l’épargnant investit dans l’activité d’un entrepreneur «solidaire» via un financeur. Ces financeurs sont des intermédiaires financiers dont l’activité principale est d’investir l’argent des épargnants dans des activités ayant une utilité sociale ou portées par des personnes exclues du système bancaire.

Par exemple, des logements sociaux et écolos ont été construits à Bassens, en Savoie, par Habitat et humanisme, une boulangerie d’insertion a été créée à Paris pour réinsérer des personnes éloignées du marché de l’emploi et, plus loin, un élevage de moutons a pu voir le jour à Kanel, au Sénégal, grâce au micro-crédit. Selon Finansol, en 2009, 2.000 familles ont été logées ou relogées et 26.000 emplois créés ou consolidés grâce à la finance solidaire.

Qui sont les financeurs?

Il en existe deux types: les financeurs solidaires «purs» et les banques commerciales, qui proposent quasiment toutes des placements d’épargne solidaire.

Parmi les financeurs membres de l’association Finansol, on trouve l’Adie (Association pour le droit à l’initiative économique), le Chênelet, qui construit des éco-logements sociaux, la Fédération des Cigales, qui privilégie le développement local, ou Babyloan, qui accorde des micro-crédits aux petits entrepreneurs.

Dans les grandes banques, on trouve des FCPE (fonds commun de placement d’entreprise) constitués, entre autres, d’actions d’entreprises solidaires.

Est-ce que c’est rentable?

Selon le baromètre de la finance solidaire Ipsos-La Croix-Finansol, en 2009 les placements solidaires ont enregistré des performances inégales selon le type d’épargne. Ce sont les livrets solidaires qui ont conservé la meilleure rentabilité, entre 1% et 4,74%. En revanche, les OPCVM et les épargnes salariales solidaires ont plongé: jusqu’à –45% pour les OPCVM. En période de hausse boursière, le gain peut être moindre pour des titres solidaires que pour des titres classiques. Mais une fiscalité avantageuse peut compenser le manque à gagner: 25% de réduction d’impôts sur le revenu pour les actions non cotées et 66% de réduction d’impôts pour les dons générés par des placements solidaires de partage (forme d’épargne solidaire consistant à reverser les intérêts à des ONG, associations caritatives ou financeurs solidaires).

Comment ça se passe pour l’épargne salariale?

Depuis le 1er janvier 2010, la Loi de Modernisation de l’Economie impose à toute entreprise disposant d’un plan d’épargne d’entreprise (PEE) de proposer au moins un fonds commun de placement d’entreprise solidaire (FCPES). Comme tous les autres FCPE, ils sont alimentés par la participation et l’intéressement des salariés. 5 à 10% de ces fonds sont investis dans des entreprise solidaires, le reste est placé de manière classique en actions et obligations.

Comment être sûr de placer son argent dans des projets solidaires?

Finansol a développé un label qui assure que l’épargne finance au moins à hauteur de 5% des activités solidaires, ou qu’au moins 25% des revenus sont reversés à des organismes solidaires. Pour les FCPE, Finansol a établi un barème permettant de visualiser le degré de solidarité, le potentiel de gain, la sécurité et la fiscalité des placements.