Automobiles neuves: l'Etat craint un recul des ventes et aide la filière

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La filière automobile française doit se préparer à un "recul significatif" de ses ventes en fin d'année, reconnaît le gouvernement, qui préfère prendre les devants en débloquant de nouvelles aides pour amortir le choc pour les sous-traitants du secteur.
La filière automobile française doit se préparer à un "recul significatif" de ses ventes en fin d'année, reconnaît le gouvernement, qui préfère prendre les devants en débloquant de nouvelles aides pour amortir le choc pour les sous-traitants du secteur. — Jean-Philippe Ksiazek AFP/Archives

La filière automobile française doit se préparer à un "recul significatif" de ses ventes en fin d'année, reconnaît le gouvernement, qui préfère prendre les devants en débloquant de nouvelles aides pour amortir le choc pour les sous-traitants du secteur.

Pour la première fois, les ventes cumulées depuis le début de l'année sont tombées en octobre sous leur niveau de celles de la même période de 2009. Le recul du marché automobile français est de 1%, selon les chiffres révélés à l'AFP dimanche par le ministre de l'Industrie Christian Estrosi.

"Nous serons sur le global depuis le début de l'année, en ventes, à -1% à fin octobre par rapport à 2009", a indiqué M. Estrosi à l'AFP, anticipant de quelques jours la publication des chiffres officiels des immatriculations, attendus mardi.

Le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA), qui publie chaque mois les chiffres des immatriculations, table sur 2 millions de ventes de voitures cette année, contre 2,3 millions l'an dernier où elles avaient été historiquement élevées, grâce à la prime à la casse. Mais depuis le montant de la prime a été progressivement réduit et elle disparaîtra au 31 décembre.

L'action gouvernementale a favorisé les petites voitures faiblement polluantes, secteur où les constructeurs français excellent.

"La part des marques française est de 55%, donc l'année 2010 est une excellente année pour l'industrie automobile française", a souligné le ministre, qui s'est aussi félicité du rebond de la production automobile et du recul du chômage partiel dans la branche.

Mais le secteur n'est pas sorti de la crise, comme en témoigne une circulaire envoyée aux préfets et datée du 25 octobre, dont l'AFP a obtenu copie.

Ce courrier cosigné par M. Estrosi, la ministre de l'Economie Christine Lagarde et le secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez appelle les préfets à mettre en place un plan d'actions pour la filière, pour "fédérer les efforts et d'accroître l'efficacité" des mesures déjà existantes.

Depuis 2008, le gouvernement a en effet pris tout une série de mesures de soutien aux constructeurs automobiles et à leurs sous-traitants.

Ceci vient d'être renforcé par un avenant à la charte d'aide au secteur mise en place en juillet 2008, a indiqué M. Estrosi.

Cet avenant a "pour objectif de contribuer à l'accompagnement global et rapide des PME pour surmonter les difficultés liées à la crise automobile", a expliqué le ministre. Son volet financier est de 10 millions d'euros.

Par ailleurs, le Fonds de modernisation des équipementiers automobiles, créé début 2009, dispose encore de 390 millions d'euros sur une enveloppe totale de près de 600 millions, selon le ministre. Ces sommes pourront donc être utilisées en cas de difficultés.

En effet, la filière automobile "devrait être à nouveau durement affectée", selon la circulaire envoyée aux préfets. "Le marché automobile européen, notamment en France, devrait connaître une dégradation, avec un recul significatif des ventes attendu au second semestre 2010", souligne ce courrier.

"Cette situation devrait perdurer au moins jusqu'à la fin du premier trimestre 2011, où le marché européen devrait renouer avec la croissance".

Concernant la production automobile, "après la forte augmentation observée depuis un an, le recul devrait être également important et concentré sur la fin de l'exercice et le début 2011, en particulier en France dont la production, à la différence de l'Allemagne, est quasi-exclusivement dédiée au marché européen", souligne la circulaire.

En conséquence, les restructurations et des difficultés de trésorerie liées au recul de l'activité "vont menacer non seulement des emplois mais aussi les entreprises elles mêmes".

Les secteurs en première ligne sont "l'emboutissage, le secteur des moules et modèles et la plasturgie", est-il précisé.