Irak: le premier vol de la compagnie française Aigle Azur va aider à l'investissement

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Le premier vol d'un transporteur européen, depuis l'embargo international imposé en 1990, est arrivé dimanche à l'aéroport de Bagdad, marquant l'intérêt croissant des compagnies étrangères à la reconstruction de l'Irak ravagé par 30 ans de guerres et de conflits internes.
Le premier vol d'un transporteur européen, depuis l'embargo international imposé en 1990, est arrivé dimanche à l'aéroport de Bagdad, marquant l'intérêt croissant des compagnies étrangères à la reconstruction de l'Irak ravagé par 30 ans de guerres et de conflits internes. — Ahmad al-Rubaye AFP

Le premier vol d'un transporteur européen, depuis l'embargo international imposé en 1990, est arrivé dimanche à l'aéroport de Bagdad, marquant l'intérêt croissant des compagnies étrangères à la reconstruction de l'Irak ravagé par 30 ans de guerres et de conflits internes.

Un Airbus A319 de la compagnie française Aigle Azur venant de Paris s'est posé à 06H00 (03H00 GMT) avec à son bord 111 personnes, donla secrétaire d'Etat au Commerce extérieur Anne-Marie Idrac et une quarantaine d'hommes d'affaires.

Aigle Azur exploitera cette ligne en janvier 2011, à raison de deux vols hebdomadaires au départ de Roissy, deuxième plateforme de correspondances en Europe après Londres.

"La première année nous perdrons de l'argent, mais si nous avons lancé la ligne c'est que nous y croyons. Je pense qu'elle sera rentable à moyen terme", a affirmé à l'AFP Meziane Idjerouidene, vice-président du conseil de surveillance d'Aigle Azur.

"Il y a des demandes de la majorité des pays européens, des Etats-unis et des pays d'Afrique de l'ouest", a-t-il ajouté.

Le président de la compagnie, Arezki Idjerouidene, a précisé que "les billets seront mis en vente dès cette semaine" et que des négociations devraient aboutir à des accords de préacheminement des passagers avec des compagnies américaines et asiatiques.

L'ouverture de la ligne a été saluée par les responsables irakiens qui veulent sortir leur pays de l'isolement.

"La reprise des vols entre la France et l'Irak signifie le rétablissement des relations entre l'Irak et l'Europe et favorise l'investissement et la reconstruction", a déclaré à l'AFP Nasser Hussein Badr, responsable de l'aviation civile au bureau du ministre des Transports.

"Ce retour des vols européens est un vrai bonheur car cela signifie que de gros progrès en matière de sécurité ont été réalisés", a-il noté.

La compagnie allemande Lufthansa, qui comptait lancer la ligne en septembre, a reporté son projet sine die faute d'une demande suffisante. Elle dessert Erbil, au Kurdistan, tout comme sa compatriote Air Berlin.

M. Badr a annoncé que la première compagnie privée irakienne Al Nasr relierait Bagdad à Londres début novembre. Elle opérera avec un Boeing 737 loué. Fin mai, l'Irak avait décidé de dissoudre sa compagnie nationale Iraqi Airways en raison d'un différend financier avec le Koweït qui avait provoqué la saisie d'un appareil fin avril à Londres.

Ce vol d'Aigle Azur coïncide avec l'ouverture lundi de la Foire internationale de Bagdad, avec la participation de 37 entreprises françaises sur plus de 300 sociétés du monde entier.

Pour Gilles Viry, en charge de la construction des routes du groupe de travaux publics français Fayat (CA: 2,5 milliards d'euros), "l'Irak est pour nous l'un des trois pays ayant le plus de potentiel derrière la Chine et l'Inde".

"Il y a vingt ans, l'Irak représentait 5% de notre chiffre d'affaires, aujourd'hui c'est quasiment nul. Nous pensons mettre le paquet sur ce marché qui a de grosses potentialités en dépit des problèmes de sécurité, de logistique et des divisions internes", a confié Vincent Dubosc, responsable du développement de Lassart (peinture industrielle).

Cependant, la sécurité est onéreuse. "Il faut compter entre 1.000 et 2.000 dollars par jour et par personne. C'est un frein à la reconstruction mais aussi une opportunité car la sélection se fait sur l'audace et la prise de risques", assure Frederic Gallois, patron de la compagnie de sécurité Gallice.

"Les petites entreprises françaises ont souvent plus d'audace que les grandes où il y a des freins psychologique en interne. Ainsi c'est Aigle Azur qui ouvre la première ligne européenne sur Bagdad et non pas une compagnie nationale", a-t-il souligné.