Retraites: l'emploi des jeunes et des seniors, porte de sortie du gouvernement

SOCIAL Mais les syndicats refusent cette stratégie...

Elsa Meyer

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Des jeunes manifestent contre la réforme des retraites le 14 octobre 2010, à Paris.
Des jeunes manifestent contre la réforme des retraites le 14 octobre 2010, à Paris. — ALFRED/SIPA

Comment mettre fin à une crise sociale? Changer de sujet. Et le thème est tout trouvé pour le gouvernement: l’emploi des jeunes et des seniors. 

Mais les syndicats critiquent cette stratégie qui ne vise, selon eux, qu’à enterrer la mobilisation contre la réforme des retraites.

>> Suivez en direct la journée de mobilisation du jeudi 28 octobre sur 20minutes.fr

Dialogue avec les syndicats

L’idée a été lancée lundi par le leader de la CFDT, François Chérèque. Il a réclamé une «négociation sur l'emploi des jeunes et des seniors entre le patronat et les organisations syndicales». La patronne du Medef, Laurence Parisot, a immédiatement accepté.

Le gouvernement s’est ensuite engouffré dans la brèche. Le Premier ministre, François Fillon, a annoncé mardi un dialogue avec les partenaires sociaux sur ces questions une fois la réforme des retraites votée.

Emploi des jeunes et des seniors

Une façon de répondre aux revendications des jeunes lors de ces dernières manifestations. Ils craignent notamment que le recul de l’âge légal de départ ne pénalise leur entrée sur le marché du travail.

>> Les jeunes sont-ils pénalisés par la réforme des retraites ? Le décryptage de 20minutes.fr par ici.


Le taux d’emploi des seniors reste quant à lui l’un des points noirs de cette réforme des retraites. La France connaît l’un des taux les plus faibles d’Europe. Le passage de 60 à 62 ans risque donc de gonfler un peu plus les rangs de Pôle emploi si la situation ne s’améliore pas.

Aucune annonce concrète

Aucune mesure concrète n’a cependant été mise en avant. Le secrétaire d’Etat à l’Emploi, Laurent Wauquiez  a certes proposé mardi un plan de relance de l'apprentissage et du tutorat. Mais ces projets sont déjà prévus par le gouvernement.

Les syndicats critiquent donc une annonce purement stratégique. Et ils refusent donc pour l’instant tout dialogue sur ces sujets. 

Refus du dialogue

François Chérèque a ainsi rappelé que son appel à la négociation était lancé aux entreprises et non au gouvernement, en raison d’une «perte de confiance».

La CGT et FO reprochent de leur côté à François Fillon de conditionner le débat à la fin du mouvement contre la réforme de retraites.

«Si l'exercice consiste à déporter le sujet, avec la volonté de tourner la page du sujet retraite, ça ne me semble pas opportun», de lancer ces négociations, a déclaré ce jeudi sur Europe 1 le leader de la CGT, Bernard Thibaut.

Le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, a prévenu sur France 2 qu’un dialogue avec le patronat sur l'emploi des jeunes et des seniors ne serait «pas un substitut ou une sortie de crise par rapport aux retraites». «Il y a l'emploi des jeunes et des seniors d'un côté, les retraites de l'autre», a-t-il affirmé.