Les difficultés d'approvisionnement ne suffisent pas à expliquer la hausse du carburant.
Les difficultés d'approvisionnement ne suffisent pas à expliquer la hausse du carburant. — F. LANCELOT / SIPA

CARBURANT

L'augmentation des prix de l'essence risque de durer

Le baril a pris cinq dollars en un mois...

Le doute s'installe sur la hausse des prix à la pompe. Les critiques s'élèvent, dénonçant des profiteurs de la crise. «Il ne faut pas que les pompistes s'amusent, sous prétexte qu'il y a une perception de rareté, à augmenter les prix», avait même déclaré la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, en début de semaine.

Des accusations réfutées par Alexandre de Benoist, délégué général de l'Union des importateurs indépendants pétroliers, qui affirme que certains ont même réduit leur marge. Jean-Baptiste Avrillier, directeur de cabinet à la répression des fraudes, confirme avoir été «agréablement surpris».

La semaine dernière, une pompe sur cinq a été contrôlée. Et «quasiment partout», la hausse constatée, 3 à 8 centimes au litre en moyenne, était due à une répercussion des coûts d'approvisionnement. Car les coûts logistiques de stockage, de transport et de distribution ont «explosé» avec les importations, selon Alexandre de Benoist.

Plusieurs semaines pour rétablir le circuit

En outre, l'arrêt des raffineries a provoqué une baisse de la production mondiale. Ce qui s'est traduit par une «petite hausse des prix due à la désorganisation du marché», commente Guy Maisonnier, économiste à l'Institut français du pétrole.

Difficile, cependant, d'isoler l'impact du conflit social, le prix du baril étant lui-même passé de 76 dollars le mois dernier à 81 dollars, hier. Plusieurs semaines seront nécessaires pour rétablir le circuit français. Rémy Guguen, président de la chambre des distributeurs en combustibles de Bretagne, est quant à lui persuadé que certains «conserveront plus d'importations qu'avant la crise, au cas où».

Ajoutons à cela les coûts qui n'ont pas encore été calculés, tels que le travail des chauffeurs prévu pour le lundi de la Toussaint. La baisse des prix n'est donc pas prévue dans l'immédiat.