Pôle emploi, un coach toujours contesté

CHOMAGE L'accompagnement laisse à désirer, selon un sondage...

Delphine Bancaud

— 

Une agence Pôle emploi à Strasbourg-Pont-Matthis.
Une agence Pôle emploi à Strasbourg-Pont-Matthis. — G. VARELA / 20 MINUTES

Un an et demi après sa création, Pôle emploi n’a plus à justifier son existence, mais peine à encore s’imposer comme un accompagnateur efficace dans la recherche d’emploi. Tels sont les principaux enseignements de la grande consultation menée par Ipsos du 6 septembre au 5 octobre dernier, sur 500.000 demandeurs d’emploi, révélés ce lundi matin. Selon cette enquête, «69% des personnes interrogées considèrent que la fusion ANPE-Assedic n’est plus un sujet et qu’elle a permis d’importants bénéfices organisationnels, les démarches étant jugées plus simples et plus rapides», a indiqué Brice Teinturier, directeur général adjoint d’Ipsos. Par ailleurs, 80% des sondés sont satisfaits de leurs conditions d’indemnisation.

En revanche, les demandeurs d’emplois se montrent nettement plus critiques sur l’accompagnement qu’ils reçoivent lors de leurs recherches d’emploi: seulement 52 % d’entre eux se déclarent satisfaits des services proposés par Pôle emploi pour les aider à retrouver un job. L’étude montre notamment le manque d’informations dont souffrent les demandeurs d’emplois, car près de la moitié d’entre eux ignorent les métiers et les entreprises qui recrutent le plus dans leur région et 30% ne savent pas non plus à quel salaire ils pourraient prétendre. Autre frein majeur au retour à l’emploi: l’inadéquation du profil de certains demandeurs d’emploi avec celui recherché par les recruteurs. Ainsi,  42% des chômeurs interrogés estiment qu’il leur manque une compétence pour être embauchés et 36% que leurs diplômes n’intéressent pas les entreprises. Un manque d’alchimie que Pôle emploi reste impuissant à résoudre.

Des pistes d’amélioration

Face à ces constats, le secrétaire d’Etat à l’Emploi, Laurent Wauquiez, a fait part ce lundi matin de son souhait de personnaliser davantage la relation de Pôle emploi avec ses usagers pour mieux répondre à leurs attentes. Plusieurs pistes d’amélioration seront suivies à cet effet: l’information sur les besoins de main d’œuvre au niveau local devrait être plus largement diffusée au sein des agences et la participation des chômeurs aux forums de recrutement devrait être fortement augmentée. Ces derniers pourraient aussi bientôt bénéficier de nouveaux services: la possibilité de joindre leur conseiller par mail et de préparer avec lui des entretiens d’embauche. Enfin, Pôle emploi devrait aussi mettre l’accent sur l’accompagnement des chômeurs seniors et des jeunes, via un coaching renforcé.

Reste un dernier écueil à résoudre: diminuer le nombre de demandeurs d’emploi suivis par le même conseiller, car il tournerait en moyenne autour de 105. Une  situation toutefois très contrastée d’une région à une autre. «En raison de la crise, nous ne pouvons pas atteindre pour l’instant, l’objectif fixé par Christine Lagarde de 60 demandeurs d’emploi suivis par un conseiller», a reconnu Christian Charpy. D’autant que le projet de budget de l’Etat pour 2011 ne prévoit pas l’embauche de CDD supplémentaires pour faire face à la situation…