Grèves: Que risquent les salariés qui ne peuvent pas venir travailler?

Elsa Meyer
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Une file d'attente devant une station-service sur l'A1, près de Saint-Denis.
Une file d'attente devant une station-service sur l'A1, près de Saint-Denis. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Transports en commun perturbés, trains annulés, avions bloqués: la grève contre la réforme des retraites entraîne son lot habituel de galères pour se déplacer. Et la pénurie de carburant de ces derniers jours complique un peu plus la situation.

De nombreux salariés n’ont ainsi pas pu aller travailler. Mais ils ont pourtant une obligation de se rendre sur leur lieu de travail. En cas d’absence, un salarié doit informer son employeur puis lui apporter un justificatif, comme un arrêt maladie.

La grève est cependant un cas très particulier car il est difficile de prouver que les transports étaient bloqués ou les stations-service en rupture de stocks. «Il n’y a pas ici de règles juridiques communes prévues par le code du Travail. Tout se décide au niveau de chaque entreprise», explique à 20minutes.fr. Thomas Godey, avocat au Cabinet BRL Associés. 

Le salarié sera-t-il payé?

Si le salarié ne peut se rendre sur son lieu de travail pour cause de grève dans les transports ou de pénurie d’essence, il ne sera pas rémunéré.

Des fonds d’indemnisation ont pu être créés pour des situations de catastrophe naturelle, comme lors du nuage de cendres provoqué par l’éruption du volcan islandais. Dans le cas d’une grève, le salarié ne sera cependant pas indemnisé.

Pour ne pas voir son salaire amputé à la fin du mois, il doit donc être en mesure de poser un jour de RTT ou de congé payé. 

Le salarié peut-il être sanctionné?

Pour éviter toute sanction, «il est très important de prévenir son employeur le plus tôt possible, d’expliquer les raisons de cette absence et d’estimer combien de temps elle pourrait durer», conseille Thomas Godey.

L’employeur peut cependant sanctionner un salarié qui ne s’est pas rendu sur son lieu de travail s’il estime que le motif n’est pas valable.

«C’est par exemple le cas si tout le monde est venu un jour de grève: l’employeur pourra difficilement accepter l’excuse des transports bloqués ou de la pénurie de carburant. Il vaut donc mieux parfois arriver en retard plutôt que de ne pas venir du tout», analyse l’avocat. 

Cette absence peut-elle entraîner un licenciement?

Pour licencier un employé, il faut un motif réel et sérieux. «Si l’employeur n’a pas du tout été informé de l’absence, cela peut être une faute disciplinaire. Mais dans le cas contraire, ce serait un motif abusif», explique Thomas Godey.