Retraites: L'essence se fait rare dans certaines régions

ÉNERGIE .500 stations-service de la grande distribution sont en rupture de stocks...

E.M. avec AFP
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Une station-service en pénurie de gazoil à Nantes en octobre 2010.
Une station-service en pénurie de gazoil à Nantes en octobre 2010. — SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA

Les automobilistes ont du mal à trouver des stations-service ouvertes dans certaines régions. De plus en en plus sont en rupture de stocks face à la mobilisation contre la réforme des retraites.

Le gouvernement a même dû activer lundi un centre interministériel de crise pour assurer «la pérennité du ravitaillement en carburant» dans l'Hexagone. Ce centre «aura pour mission de coordonner l'action des différents services de l'Etat visant à assurer la pérennité du ravitaillement en carburant», a indiqué le ministère de l’Intérieur. 

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1.500 stations touchées

Sur 4.800 stations gérées par Casino, Carrefour, Auchan, Cora, Leclerc et Intermarché, «il y en a quelque 1.500 en rupture d'un produit ou totalement à sec», a ainsi déclaré à l'AFP Alexandre de Benoist, délégué général de l'Union des importateurs indépendants pétroliers (UIP, grande distribution).

Interrogé lundi par BFM-Radio, Michel-Edouard Leclerc, le patron du groupe, a précisé qu'il y avait de «moins en moins d'essence» dans ses stations-service. «Au rythme des approvisionnements actuels, il n'y en aura plus d'ici la fin de la semaine, sauf si l'on trouve d'ici là une issue à ce conflit», a-t-il expliqué. 

La grande distribution assure, en volume, 60% des ventes de carburant en France contre 40% à l'Union française des industries pétrolières (Ufip) et aux indépendants, qui exploitent en revanche les deux tiers des 12.500 stations-service du pays.

«Extrêmement préoccupante»

Du côté de l’Ufip, son président Jean-Louis Schilansky estime que «c'est probablement plusieurs centaines de stations-service», a-t-il affirmé à l'AFP. «La situation est tendue, mais pas alarmante», a-t-il ajouté.

Une opinion contrebalancée par les distributeurs indépendants de la FF3C (Fédération française des combustibles, carburants et chauffage), dont de nombreuses stations sont situées en milieu rural. Pour eux, la situation, «qu'il faut bien appeler pénurie», est «extrêmement préoccupante», ont-ils affirmé lundi.

Inégalités régionales

Mais toutes les régions ne sont pas touchées de la même manière. Le Nord est ainsi mieux loti que l’Ouest. «La Bretagne est dans une situation très inquiétante», selon Alexandre de Benoist. «Tous les dépôts de Bretagne rencontrent une difficulté actuellement. Soit ils sont bloqués de l'extérieur, soit ils sont en grève (...) ça provoque une vraie rupture d'approvisionnement sur les stations», a-t-il ajouté.

Du côté des indépendants, «les régions les plus touchées sont ce lundi la Normandie, la Champagne, Provence-Alpes-Côte-D’azur, Rhône-Alpes et Midi-Pyrénées, Auvergne et Limousin», selon la FF3C.