Stocks de réserve et stocks stratégiques de pétrole: quelle est la différence?

Elsa Meyer

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Les stations-service de l'agglo sont prises d'assaut depuis le début de la semaine.
Les stations-service de l'agglo sont prises d'assaut depuis le début de la semaine. — F. elsner / 20 Minutes

Stocks de réserve, stocks stratégiques de pétrole: le gouvernement joue-t-il sur les mots?

Face aux risques de pénurie de carburants dans les stations-service, il a autorisé jeudi industriels du secteur et transporteurs à puiser dans leurs stocks de réserve. Mais il refuse catégoriquement de débloquer les stocks stratégiques de pétrole du pays. 20minutes.fr fait le point sur la différence entre les deux.

>> Quels sont les risques de pénurie? La réponse par ici

Stocks stratégiques

En tant que membre de l’Agence internationale de l’énergie (AIEA) et de l’Union européenne, la France s’est engagée à constituer des stocks de produits pétroliers qui représentent 90 jours d'importation nette. Tous les opérateurs pétroliers en France doivent ainsi mettre de côté chaque année 27% de leur volume annuel commercialisé.

Ils peuvent choisir de stocker eux-mêmes une partie de ces produits pétroliers dans leur dépôt ou de déléguer le stockage au Comité professionnel des stocks stratégiques pétroliers (CPSSP). La CPSSP gère actuellement près de 74% des stocks stratégiques disséminés dans 235 dépôts sur le territoire.

Stocks de réserve

La France dispose ainsi de 17 millions de tonnes de produits pétroliers qui représentent près de 98,5 jours de consommation. Et ce sont ces 8,5 jours de surplus, par rapport aux engagements internationaux, qui représentent les fameux stocks de réserve.

Ces derniers «font donc partie des stocks stratégiques, au sens législatif du terme, mais ils n’en sont pas le cœur. Ils correspondent la marge de manœuvre que peut utiliser l’Etat sans faillir à ses obligations», explique à 20minutes.fr le délégué général du CPSSP, Jean-Marc Tenneson.

Procédure complexe

Pour débloquer les stocks de réserve, il suffit donc d’un simple accord du gouvernement. Mais la procédure est beaucoup plus complexe pour les stocks stratégiques. Il devrait pour cela informer la Commission européenne et obtenir l’autorisation de l’AIEA. Ce qu’elle ne donnerait sûrement pas.

Car «ils sont prévus pour faire face à une crise internationale d’approvisionnement et non à une contestation sociale nationale. Nous n’allons donc pas débloquer une seule goutte de stocks stratégiques», martèle Jean-Marc Tenneson.