La gare Saint-Lazare à Paris lors de la journée de grève contre les retraites du 13 septembre 2010.
La gare Saint-Lazare à Paris lors de la journée de grève contre les retraites du 13 septembre 2010. — Jacques Brinon/AP/SIPA

ECONOMIE

Combien coûte une journée de grève à la croissance française?

L'impact est très difficile à chiffrer...

Entre les salariés en grève, les jours de RTT posés et les transports bloqués, l’activité du pays ralentit lors des journées de mobilisation. Le mouvement de ce mardi ne devrait cependant avoir qu’un impact limité sur l’économie. 

>> Retrouvez la grève du 12 octobre en direct sur 20minutes.fr

Chiffrage difficile

Difficile de chiffrer les pertes financières causées par une journée d’action nationale. D’autant que les secteurs et entreprises ne sont pas touchés de la même manière. Le commerce et la restauration voient une conséquence directe sur leur chiffre d’affaires. Les clients sont moins nombreux à pousser leur porte, faute de transports.

La SNCF estime de son côté perdre «20 millions d’euros par jour de grève. Quand le nombre de trains diminue, les passagers et les marchandises circulent moins. Nos ventes de billets sont donc en baisse, il nous faudra rembourser des usagers et dédommager des entreprises qui n’auront pas été livrées à temps», explique-t-on à 20minutes.fr.

«Conséquences minimes»

Mais du côté d’Air France, l’impact sera beaucoup plus limité. «Nous pouvons acheminer les passagers des vols annulés vers d’autres avions. Certains vont sûrement nous demander des indemnités ou de leur rembourser leurs frais de restauration. C’est toujours de l’argent perdu mais ça n’a rien à voir avec les conséquences du nuage de cendres provoqué par le volcan islandais au début de l’année», relativise le groupe.  

A la Ratp, le coût de cette journée de mobilisation sera minime. «Nous assurons 80% de notre trafic: nous n’aurons donc pas de billets à rembourser ou d’indemnités à payer au syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif), comme cela est le cas quand nos trains ne roulent pas», précise la Régie.

Economie peu touchée

De manière globale, l’économie française est peu touchée par ces mouvements de 24 heures. Pour l’évaluer, les spécialistes se basent notamment sur la production d’électricité. Elle reflète l’activité de l’industrie, grande consommatrice d'énergie.

Lors de la journée de mobilisation du 7 septembre dernier, la production n’avait ainsi baissé que de 4%.

Mouvement long

L’activité économique pourrait cependant souffrir d’un mouvement plus long. La majorité utilise d’ailleurs cet argument pour dissuader les salariés de se lancer dans des grèves reconductibles.

Le chef de file des députés UMP, Jean-François Copé, a affirmé la semaine dernière que cela «serait très préoccupant pour notre économie». En 1995, le conflit social avait coûté de 0,3 à 0,5 point de PIB à la croissance du quatrième trimestre. Mais il avait duré plus de trois semaines et bloqué une grande partie du pays.