Retraites: Pourquoi la semaine de mobilisation est décisive

SOCIAL Les organisations syndicales jouent leur va-tout...

Elsa Meyer

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E.CABANIS / AFP

La mobilisation contre la réforme des retraites prend une nouvelle ampleur cette semaine. Deux journées de mobilisation sont prévues mardi et samedi et les appels à la grève reconductible se multiplient.
 
Les organisations syndicales jouent leur va-tout. Car le calendrier s’accélère et le gouvernement n’a quasiment pas bougé d’un iota, notamment sur les mesures d'âge.

Le calendrier s’accélère

Le Sénat devrait définitivement adopter le projet de loi sur la réforme des retraites d’ici deux semaines.

«La manifestation de demain [mardi] est l'une des dernières occasions de faire changer le projet de réforme du gouvernement, d'où la nécessité de se mobiliser d'une façon importante cette semaine», a donc prévenu François Chérèque ce week-end.

Eléments réunis

Et tous les éléments sont réunis pour que la mobilisation soit importante. D’après un sondage CSA pour Le Parisien/Aujourd'hui en France, 69% des Français soutiennent le mouvement de mardi.

Les organisations syndicales pourront aussi compter sur de nouveaux soldats. Les lycéens et les étudiants ont prévu de rejoindre en masse les cortèges.

Radicalisation ou non

Mais si l’enjeu est dans l’ampleur de la mobilisation, il est surtout dans la réussite, ou non, de sa radicalisation.

De nombreux secteurs veulent mettre une pression supplémentaire sur le gouvernement. Des préavis de grèves reconductibles ont été déposés à la SNCF, la RATP ou dans les raffineries, avec la menace d’un blocage des transports ou d’une pénurie de carburants.

>> Le point sur les préavis de grève c'est ici

«Toute la question est maintenant de savoir sir les grèves seront effectivement reconduites par les assemblées générales à partir de mercredi. Il est clair que le mouvement ne peut pas continuer sous la forme de journées de mobilisation de 24 heures tous les quinze jours. Il va sinon s’essouffler», analyse pour 20minutes.fr Joël Sohier, auteur d’un ouvrage sur Le syndicalisme en France (éd. Vuibert).

Unité syndicale

Pour le spécialiste, une seule chose décidera les salariés à reconduire leur mouvement: l’appel de l’intersyndicale à la grève générale.

Les huit syndicats refusent pour l’instant de s’engager dans cette voie. Car les avis divergent sur les revendications et la suite à donner à la mobilisation. La CFDT est par exemple opposée à une grève reconductible et souhaite seulement amender le projet de loi. FO veut sa suppression pure et simple et la CGT est beaucoup plus hésitante.

«Soit l’intersyndicale parvient donc cette semaine à unifier le mouvement pour aller au choc frontal avec le gouvernement, soit la mobilisation risque de faiblir»,  conclut Joël Sohier.