La pénurie de carburants n'est pas pour tout de suite

ÉNERGIE ême si la menace s'amplifie avec les appels à la grève reconductible...

E.M.

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Une station-service à Toulouse en mars 2010.
Une station-service à Toulouse en mars 2010. — F. LANCELOT / SIPA

Entre la mobilisation dans les terminaux pétroliers et les appels à la grève reconductible dans les raffineries françaises contre la réforme des retraites, la menace d’une pénurie de carburants refait surface.
 
La Corse est déjà touchée. Et d’autres régions pourraient se retrouver à court de brut si la mobilisation perdure.

Terminaux pétroliers

Depuis le 27 octobre, les terminaux pétroliers de Fos-Lavera, près de Marseille, sont en grève pour protester contre la réforme des retraites et la réforme portuaire. Ils alimentent six raffineries en France qui représentent 40% environ des capacités françaises de raffinage, selon les chiffres de l’Union française des industries pétrolières (Ufip).
 
«La situation est très préoccupante», a estimé vendredi son président, Jean-Louis Schilansky. Quatre de ces raffineries pourraient ainsi s’arrêter dans les jours qui viennent, faute de livraisons. D’après l’Ufip, le Sud-est pourrait donc connaître des problèmes d’approvisionnement en carburant aux alentours du 20 octobre.

Douze raffineries concernées

Mais l'appel à la grève reconductible dans les douze raffineries françaises à partir de mardi risque d’aggraver la situation.  

La CGT-chimie, premier syndicat du secteur, et la CGT du groupe Total ont appelé à durcir le mouvement contre la réforme des retraites. Les salariés de la deuxième raffinerie de France, à Donges (Loire-Atlantique), ont même voté l’arrêt total de la production.

La pénurie n’est pas pour demain

Inutile cependant de se précipiter dès aujourd’hui dans la station-service la plus proche: la pénurie générale n’est pas encore pour demain. «La dernière chose à faire, ce sont des achats de panique. Il n'y a pas de panique à avoir. Ce sont ces achats-là qui risquent de précipiter le problème», a déclaré lundi à l'AFP Jean-Louis Schilansky.
 
Rien ne dit tout d’abord que la mobilisation dans les terminaux pétroliers va encore durer trois semaines et que la grève sera effectivement reconduite dans les raffineries. 
 
Le secrétariat d'Etat aux Transports a ensuite assuré qu’il mettrait en place «les acheminements nécessaires afin qu'il n'y ait aucune rupture dans les stations et dépôts de carburants». La Corse a déjà été ravitaillée la semaine dernière par un navire en provenance de Sardaigne.

Des stocks d’hydrocarbures

En cas de crise grave, les raffineries pourront enfin avoir recours aux stocks stratégiques d’hydrocarbures, disséminés dans plusieurs dépôts sur le territoire. Seul le gouvernement peut décider d’entamer les réserves en accord avec l'Agence internationale de l'énergie (AIE) et l'Union européenne (UE).
 
Avec ces stocks, «on a trois mois de consommation devant nous sur la France entière», a précisé Jean-Louis Schilansky.