Les ambitions d'EDF aux Etats-Unis malmenées

ÉNERGIE on allié américain se retire du projet de construction d’un réacteur nucléaire...

E.M. avec AFP

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Logo d'EDF.
Logo d'EDF. — STEVENS FREDERIC/SIPA

Coup dur pour EDF aux Etats-Unis. A la surprise générale, son allié Constellation Energy Group (CEG), s’est retiré du projet de construction d’un réacteur nucléaire EPR à Calvert Cliffs, dans l’état du Maryland.

Le groupe a annoncé qu'il cessait ses démarches pour obtenir une garantie de prêt auprès du Département américain de l'Energie (DoE). Il estime que son coût créerait des «risques inacceptables» pour la société. Cette garantie est pourtant indispensable à la poursuite du projet.

Relations dégradées

Depuis plusieurs mois, les relations entre les deux groupes se sont nettement dégradées. EDF avait racheté en décembre 2008 la moitié des activités nucléaires de CEG (son allié depuis juillet 2007) pour la modique somme de 4,5 milliards d'euros.

Mais Constellation semble beaucoup moins disposé à rallier les ambitions nucléaires d’EDF. Le Français a pour objectif de bâtir une flotte de quatre EPR aux Etats-Unis.

Enjeu du nucléaire

Le nucléaire est cependant devenu beaucoup moins attractif outre-Atlantique avec la crise économique et la mise en exploitation de nouveaux gisements de gaz naturel.

«Les prix du gaz et de l'électricité ont beaucoup baissé et l'attractivité immédiate du nucléaire est devenue moins importante», explique Colette Lewiner, analyste chez Capgemini.

Avenir du projet

Dans ce contexte, l’avenir du projet de Calvert Cliffs semble «incertain», a reconnu EDF samedi dernier. Le groupe nucléaire Areva, qui conçoit l'EPR, s'est au contraire dit «raisonnablement optimiste (…) Les négociations se poursuivent», a souligné une porte-parole.

Car le retrait de Constellation pourrait n'être qu’une stratégie de l'Américain dans le cadre d'une négociation plus large.

Négociations

«Il est difficile de savoir ce qui relève du bluff», estime un spécialiste du dossier, interrogé par l’AFP. CEG veut notamment faire pression sur EDF pour réduire sa part de 50% à 25% dans le financement du projet.

Mais le groupe français ne l’entend pas de cet oreille. Dans ce climat conflictuel, EDF a menacé de céder sa participation, selon les propos de son directeur financier, Thomas Piquemal. L'électricien français chercherait alors d'autres partenaires américains pour construire des réacteurs nucléaires aux Etats-Unis.