L'euro victime de la guerre des monnaies

ECONOMIE Il ne cesse de grimper depuis quelques semaines...

Elsa Meyer

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Le siège de la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort en Allemagne.
Le siège de la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort en Allemagne. — PICCIONI/SINTESI/SIPA

Le cours de l’euro s’affole. Il a franchi brièvement jeudi les 1,40 dollar pour la première fois depuis début février.

Car l’euro est l’une des principales victimes de la guerre des monnaies que se livrent en ce moment certains Etats. Bruxelles craint que cette situation ne pèse sur la timide reprise économique.

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Guerre des monnaies

«Nous estimons actuellement que l'euro supporte une part disproportionnée de l'ajustement des taux de change dans le monde», a déclaré jeudi le porte-parole de la Commission européenne pour les questions économiques, Amadeu Altafaj.

Depuis quelques semaines, les échanges sont virulents autour de la question des monnaies. Pour doper leur croissance, plusieurs pays affaiblissent leur devise dans le but de relancer leurs exportations.

Les gouvernements ont pour cela deux solutions: diminuer leur taux directeur ou faire tourner la planche à billets, au risque d’augmenter l’inflation.

Affaiblissement des devises

Le Japon a dégainé le premier. Il a abaissé mardi de façon inattendue son taux directeur. Le Brésil a aussi pris des mesures pour limiter la hausse du real. La Chine, de son côté, continue à refuser de réévaluer son yuan. Quant aux Etats-Unis, ils ne semblent pas presser de combattre la chute du dollar.

Le porte-parole de la chancelière allemande, Angela Merkel, a ainsi déclaré ce vendredi que ni le cours du yuan ni celui du dollar ne correspondaient «à leur valeur réelle».

«Variable d’ajustement»

Et l’Europe est la grande perdante de ce combat. «Contrairement aux Etats-Unis ou au Japon par exemple, l’UE a une balance commerciale équilibrée et sa devise est ainsi plus stable. L’euro joue donc en ce moment le rôle de variable d’ajustement», explique à 20minutes.fr Mathilde Lemoine, chef économiste à HSBC France.

Mais l’UE n’a surtout pas l’intention de se lancer dans la bataille. La Banque centrale européenne (BCE) n’a pas baissé jeudi son principal taux directeur et l’a laissé à 1%.

«La BCE n’a pas la capacité de participer à cette guerre des monnaies. Le mandat que lui ont confié les gouvernements lui demande de limiter l’inflation et non de relancer la croissance», analyse l’économiste.