La presse française largement critique sur le budget 2011 du gouvernement

REVUE DE PRESSE Les éditorialistes ne mâchent pas leurs mots...

C.C. avec AFP

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F.DUFOUR / AFP

Après la présentation officielle du budget 2011 mercredi, la presse française exhorte ce jeudi le gouvernement à ne pas «prendre le contribuable pour un gogo» en refusant de parler de «rigueur» et beaucoup l'invitent à davantage d'équité en supprimant le bouclier fiscal.

L'immense majorité des quotidiens détaillent les mesures drastiques prévues par le projet de loi de finances 2011, qui «restera dans les mémoires pour une raison simple: il prévoit une diminution du budget général de l'Etat», insiste Guillaume Goubert dans La Croix.

«Comment faire un budget de rigueur sans prononcer le mot de rigueur»

Plus prosaïquement, «la fin de l'Etat vache à lait est confirmée» pour Hervé Chabaud, de L'Union/L'Ardennais. C'est «objectif ceinture» avec ce «budget qui supprime, qui rabote, qui élimine», souligne Yann Marec, du Midi Libre.

La presse ne comprend pas en revanche que «le gouvernement continue de jouer avec les mots», pour reprendre l'expression de Rémi Godeau dans L'Est républicain, avec ce «budget qui a du mal à dire son nom», selon Jacques Camus, de La République du Centre. «Comment faire un budget de rigueur sans prononcer le mot de rigueur», s'amuse ainsi Jean-Marcel Bouguereau dans La République des Pyrénées.

«C'est du bidon!»

L’Humanité n’y va pas par quatre chemins. Le Conseil des ministres de mercredi est comparé à une «assemblée de faux-culs» par Claude Cabanes: «Le budget 2011 qui y a été adopté prétend respecter l'engagement électoral de Nicolas Sarkozy de ne pas augmenter les impôts: c'est du bidon!», cingle l'éditorialiste du quotidien communiste.

Olivier Picard, des Dernières Nouvelles d'Alsace, n’est pas plus tendre: «S’obstiner à répéter que le gouvernement n’augmente pas les impôts quand il se vante de récupérer 10 milliards d’euros en supprimant 22 niches fiscales (ce qui, mécaniquement, revient à relever les taxes), c’est se payer de mots et prendre le contribuable pour un gogo».

Un «coup de canif dans l'engagement présidentiel de réduction des impôts»

«Les engagements vertueux seraient plus crédibles et mieux acceptés si le pouvoir appelait les choses par leur nom, et surtout s'il se montrait plus soucieux de réduire les inégalités», insiste Bruno Dive dans les colonnes de Sud-Ouest.

Hervé Favre, de la Voix du Nord, résume la pensée de beaucoup de ses confrères en précisant que «ce coup de canif dans l'engagement présidentiel de réduction des impôts passerait mieux si le bouclier fiscal était lui aussi suspendu ou raboté». Car, «demander des efforts aux Français en épargnant, via le bouclier fiscal, ceux qui sont les plus privilégiés n'est pas la meilleure façon de mobiliser une nation», conclut Jacques Guyon, dans La Charente libre.