En 2011, Lagarde veut réduire la dépense publique de 40 milliards

ECONOMIE Et la ministre de l'Economie annonce également qu'elle ne se sent pas prête à relever le défi de Matignon...

M.P.

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La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, le 2 juin 2010 à Paris.
La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, le 2 juin 2010 à Paris. — SIPA

Christine Lagarde garde le cap de la rigueur. La ministre de l’Economie a confirmé dans un entretien au Figaro Economie que le déficit public devrait passer en 2011 de 8%à 6%. Pour y parvenir, cela «nécessitera de réduire de 40 milliards d'euros la dépense publique», a-t-elle précisé. «Le retour de la croissance apportera mécaniquement 7 milliards», a-t-elle assuré et «les mesures de relance, qui figuraient dans le budget 2010 et ne seront plus dans celui de 2011, représentent près de 16 milliards», a-t-elle ajouté.

«Quant à la réduction de 5% des dépenses de fonctionnement et d'intervention annoncées par le président de la République, elles permettront, ajoutées aux autres mesures d'économies, 7 milliards d'économies», a énuméré la ministre de l’Economie. Du coup, «restent 10 milliards à prendre sur les niches».

«Non» à Matignon

L’hôte de Bercy a confirmé que le gouvernement souhaitait raboter les niches fiscales sur le «crédit d'impôt sur le photovoltaïque» car, «soyons clairs, il y a eu une bulle spéculative autour du photovoltaïque, il était temps de corriger le tir». Les offres des opérateurs dites «triple play» (télévision, téléphone et Internet) seront «désormais soumises au taux normal de TVA, alors qu'elles bénéficiaient jusqu'à présent du taux réduit de 5,5% pour la moitié de leur montant», précise la ministre. En revanche «le crédit d'impôt pour l'emploi à domicile sera préservé», annonce-t-elle. Il en sera de même pour le «crédit d'impôt recherche, déterminant pour l'innovation, donc l'emploi à long terme et l'avenir de notre pays, reste en l'état».

Quant à la disposition fiscale qui permet aux particuliers de réduire leur Impôt de Solidarité sur la Fortune en investissant dans les petites et moyennes entreprises (PME), elle sera maintenue et même étendue, a indiqué la ministre de l'Economie. C'est une «bonne mesure qui oriente chaque année près de 1 milliard d'euros supplémentaires vers les fonds propres de nos PME», justifie la ministre.

Quant à son avenir, Christine Lagarde a clairement fait savoir sa préférence. Se sent-elle prête à relever le défi de Matignon, lui a demandé le quotidien. La réponse de la ministre, dont le nom est cité pour prendre la suite de François Fillon, est aussi claire que lapidaire. «Non». Ce n’est pas un manque d’ambition pour autant: Christine Lagarde souhaite rester à son poste lors du prochain remaniement. «J’aimerais aller jusqu’au bout du G20. Ce serait d’ailleurs la meilleure utilisation de ma palette de compétences», a-t-elle assuré.