cinq suicides à France télécom

Gilles wallon, avec afp

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Le PDG de France Télécom veut « remettre l'humain au cœur » de l'entreprise.
Le PDG de France Télécom veut « remettre l'humain au cœur » de l'entreprise. — MEIGNEUX / SIPA

Ces deux dernières semaines, cinq salariés de France Télécom se sont suicidés. Des enquêtes sont en cours pour déterminer si ces morts volontaires sont liées, ou non, aux conditions de travail. Mais elles rappellent l'ampleur du malaise social au sein de l'entreprise publique. Selon les syndicats, vingt-trois employés du groupe ont mis fin à leurs jours depuis le 1er janvier 2010. Seize autres auraient tenté de le faire.

Un climat toujours « morose »
Il y a un an à peine, France Télécom a traversé une crise similaire. L'entreprise s'est lancée, en 2006, dans un vaste plan de restructuration, pour réduire ses effectifs d'un cinquième, soit d'environ 20 000 personnes. De mutations forcées en plans de départs volontaires, les conditions de travail n'ont cessé de se dégrader pendant trois ans. Jusqu'à ce qu'une vague de suicides rende la crise publique. Les méthodes de management sont alors remises en cause. Le groupe lance des négociations sur le stress. Stéphane Richard, le nouveau PDG, s'engage à « remettre l'humain au cœur » de l'entreprise.
Au sein des syndicats, l'action du nouveau patron divise. Pour les modérés, il a œuvré à la reprise du dialogue. Pour les plus à gauche, les pressions faites aux cadres subsistent. Mais tous s'accordent à dire que le climat général reste « morose » au sein du groupe.

un mal français

Avec un taux de 16 suicides pour 100 000 habitants, la France se situe dans la moyenne haute des pays occidentaux. France Télécom est légèrement au-dessus de cette moyenne.