Affaire Adidas: Bernard Tapie pourrait recevoir 210 millions d'euros du Trésor public

ADIDAS Selon des informations du Canard Enchaîné et partiellement démenties par l'intéressé...

E.M. avec AFP

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Un ancien proche de Bernard Tapie relate dans un livre paru jeudi une tentative de "chantage" de l'ex-directeur général de l'OM Jean-Pierre Bernès sur Tapie, jetant une lumière nouvelle sur le procès de l'affaire de corruption du match Valenciennes-Marseille en 1993.
Un ancien proche de Bernard Tapie relate dans un livre paru jeudi une tentative de "chantage" de l'ex-directeur général de l'OM Jean-Pierre Bernès sur Tapie, jetant une lumière nouvelle sur le procès de l'affaire de corruption du match Valenciennes-Marseille en 1993. — Jacques Demarthon AFP/Archives

Bernard Tapie pourrait bien toucher un gros chèque de la part du Trésor public. Dans le cadre du règlement de l’affaire Adidas, il empochera 210 millions d'euros, selon des informations du Canard Enchaîné publiées mercredi. Mais l'homme d'affaires a contesté cette version auprès de l'AFP.

Affaire Adidas

Un tribunal arbitral avait condamné en 2008 le Consortium de réalisation (CDR), la structure publique chargée de liquider le passif du Crédit Lyonnais, à verser une indemnité de 285 millions d'euros (environ 400 millions d’euros avec les intérêts) aux liquidateurs du Groupe Bernard Tapie, dans le cadre de l'affaire de la vente du groupe sportif Adidas.

Une fois pris en compte les intérêts, la fiscalité et les créances du CDR, l'ancien homme d'affaires aurait dû toucher entre 20 et 50 millions d'euros, indiquait en juillet 2008 le ministère de l'Economie.

210 millions d'euros

Mais selon Le Canard Enchaîné, qui ne cite cependant ses sources, le Trésor public va en fait verser 210 millions d'euros à l'homme d'affaires. 45 millions d'euros iront aux les époux Tapie au titre du préjudice moral et 165 millions d'euros de dommages et intérêts pour sa société personnelle.

Interrogé par l'AFP, l'entourage de la ministre de l'Economie Christine Lagarde n'a pas souhaité commenter ces chiffres.

Réaction de Bernard Tapie

Egalement joint par l'AFP, Bernard Tapie n’a de son côté pas contesté ce montant. Il a cependant estimé que ce calcul «mélangeait les résultats de l'arbitrage et (ses) actifs personnels».

Sur les sommes citées, «environ 95 millions d'euros ne sont pas liés à l'arbitrage», a-t-il affirmé, mais correspondent, selon lui, au produit de la vente d'actifs lui appartenant et saisis par la justice au cours des procédures.

Dans le détail, 75 millions d'euros représentent ainsi des actions vendues par l’homme d’affaires et 20 millions d'euros d'autres actifs: «mon bateau, des tableaux, deux-trois maisons, un appartement, une maison à Marrakech», a précisé Bernard Tapie.

«Il reste au tribunal à trancher sur des créances en suspens qui représenteront de 10 à 15 millions d'euros et sur le solde, il y aura de l'impôt», a-t-il poursuivi. Au final, l’homme d’affaires qu’il lui restera concrètement «entre 50 et 55 millions d'euros».

Chiffrage plus élevé

Le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, le socialiste Jérôme Cahuzac, a lui aussi analysé les documents concernant cette affaire. Il a déclaré à l'AFP être parvenu à «une estimation de ce que les époux Tapie peuvent conserver, nettement plus élevée que ce que Christine Lagarde avait bien voulu nous indiquer» en 2008.

Il a toutefois refusé de publier ses chiffres avant d’avoir eu la réaction de Bercy. «Nous confronterons nos chiffrages quand nous aurons le pré-rapport de Jérôme Cahuzac», s'est-on borné à répondre dans l'entourage de Christine Lagarde.