La réforme des retraites est-elle encore négociable?

SOCIAL Le gouvernement l'affirme mais les syndicats ne se font aucune illusion...

Elsa Meyer
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Les syndicats défilaient à Paris, jeudi 27 mai 2010, contre la réforme des retraites du gouvernement.
Les syndicats défilaient à Paris, jeudi 27 mai 2010, contre la réforme des retraites du gouvernement. — REUTERS/Gonzalo Fuentes

Toutes les organisations syndicales et l’opposition ont appelé à une mobilisation générale contre le projet de réforme des retraites mardi. Face aux critiques, le gouvernement continue d’affirmer que certains points sont négociables.

Mais il sera intransigeant sur l’aspect le plus contesté de la réforme: le recul de l’âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans.

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Trois points négociables

Depuis l’annonce du projet en loi en juin dernier, Nicolas Sarkozy a accepté de discuter sur trois dossiers: la prise en compte de la pénibilité, les carrières longues et de la situation des polypensionnés.

Le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, a d’ailleurs affirmé dimanche sur Europe 1 que le gouvernement ferait «des propositions supplémentaires» sur ces questions dans la semaine.

Mais les syndicats dénoncent depuis des mois un simulacre de négociations. «Pour le moment, il n'y a pas de discussion» et le gouvernement ne veut parler que «des décimales après les virgules», a critiqué le leader de FO Jean-Claude Mailly.

Intransigeance

Car sur le fond, le texte n’a quasiment pas bougé d’un iota en trois mois. Et le gouvernement se montre inflexible sur la mesure la plus contestée: le passage de 60 à 62 ans. «Rien n'est absolument intangible, sauf l'âge de départ à la retraite», a rappelé le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, interrogé dimanche sur iTélé.

Le leader de la CFDT François Chérèque a ainsi proposé la semaine dernière de garder l’âge de départ à la retraite à taux plein, qui permet de toucher une pension maximum quel que soit le nombre d'années de cotisations, à 65 ans au lieu de 67 ans.

Le ministre du Travail, Eric Woerth a cependant rejeté cette solution. Le recul de l’âge du taux plein représente «un tiers du financement» envisagé par la réforme pour un retour à l'équilibre des régimes de retraites en 2018, a-t-il justifié.

Les syndicats ne se font donc guère d’illusions sur de futures concessions du gouvernement. Mais ils espèrent peser de tout leur poids sur les débats parlementaires qui commence mardi. Ces derniers devraient au moins durer jusqu’au début du mois de novembre.