Des hausses de salaires historiquement basses en 2010 et 2011

SOCIAL La conjoncture économique s'améliore pourtant lentement...

E.M .

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Billets en euros.
Billets en euros. — JAUBERT/SIPA

Peu d’espoir pour les salariés de voir leurs salaires augmenter dans les deux ans qui viennent.

Comme en 2009, le gel des rémunérations sera de mise, selon la dernière étude du cabinet Hewitt Associates réalisée auprès de plus de 150 entreprises françaises.

2,6% en moyenne

Les hausses générales des salaires n’auront atteint que 2,6% en moyenne cette année, soit le plus bas niveau observé depuis vingt-cinq. 2011 ne s’annonce guère plus favorable avec une augmentation prévue de 2,7%.
 
Ces chiffres sont très inferieurs aux taux moyens de 3,3 % à 3,5 % enregistrés ces trente dernières années.

Manque de visibilité

La conjoncture s’améliore pourtant. Le chômage a reculé au deuxième trimestre 2010 pour la première fois depuis le début de la crise et la croissance repart légèrement.

Mais la prudence reste de mise pour les chefs d’entreprises qui manquent encore de visibilité pour répercuter cette amélioration sur la fiche de paie.  
 
Pour faire passer la pilule, les ressources humaines ont plutôt misé sur les augmentations individuelles. Pour la première fois depuis des années, les hausses générales de salaires sont ainsi inférieures à 1%.

Critiques des salariés

Cette stratégie est cependant de plus en plus mal accueillie par les salariés. Seul un Français sur cinq est satisfait de sa rémunération, selon cette enquête.
 
Au total, 91% des salariés concernés par l'étude déclarent en outre ne pas vraiment comprendre la politique de rémunération de leur entreprise.

Rémunérations variables

Le cabinet Hewitt Associates conseille donc plutôt d’augmenter les rémunérations variables. Une politique qui s’est généralisée ces dernières années.
 
Voici dix ans, 70% des sociétés procédaient à des rémunérations variables pour les cadres, contre 95% en 2010. Pour les non-cadres, le constat est identique: 20% à 30% des entreprises l'utilisaient en 2000 contre 70% en 2010.
 
Autre solution pour jongler entre difficultés budgétaires et revendications salariales, selon l’étude: augmenter les rémunérations globales, qui combinent salaires, primes, épargne et actions.