Air France réfléchit à une offre low cost sur ses vols intérieurs

AÉRIEN 'objectif serait de contrer les compagnies à bas coûts...

E.M. avec AFP

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Un avion de la compagnie Air France à l'aéroport d'Orly, à Paris, en avril 2010.
Un avion de la compagnie Air France à l'aéroport d'Orly, à Paris, en avril 2010. — CHAUVEAU/SIPA

Air France pourrait bien se lancer dans le low cost. La rumeur est ancienne mais se confirme peu à peu. Pour contrer les compagnies à bas coûts, le groupe envisage de créer sa propre filiale pour ses vols intérieurs, a appris l'AFP jeudi de sources internes à la compagnie.

«Air France Express»

Baptisé en interne «Air France Express», ce projet pourrait voir le jour dès l'année prochaine si des accords sont trouvés avec les syndicats, ont indiqué les mêmes sources. Air France-KLM, qui détient déjà une filiale à bas coûts Transavia, n'a pas souhaité faire de commentaire dans l'immédiat.

«Il y a des réflexions en cours pour trouver un outil qui permette de combattre les compagnies low cost. Parmi les scénarios envisagés, il y a la création d'une nouvelle entité à l'intérieur du groupe Air France-KLM», a cependant expliqué une des sources internes sous couvert de l'anonymat.

Bases locales

«L'idée serait de baser une partie des pilotes en province, à Marseille, Nice et Toulouse, et de faire comme easyJet: éviter qu'il y ait des avions qui découchent» de leurs bases, a expliqué cette source.

Les équipages seraient basés localement et rayonneraient à partir de ces aéroports. Une stratégie qui réduirait notamment les coûts liés aux nuits d’hôtels. Cette localisation qui pourrait séduire une partie du personnel puisque plus d'un pilote sur deux est domiciliée en province.

Contrer le low cost

Ce n'est pas la première fois que la compagnie réfléchit à une solution pour son réseau intérieur. Elle avait ainsi travaillé au projet «Mimosa» qui visait à installer Transavia à Nice pour desservir quelques villes de province. Ces liaisons sont aujourd'hui assurées par d'autres filiales Britair et Regional Airlines.

Air France voulait se retirer de certaines dessertes. Mais ce projet avait finalement été abandonné en début d'année de crainte de remettre en cause le développement de Transavia.

«Ne rien faire, c'est laisser les low cost continuer à se développer», a reconnu un pilote interrogé par l'AFP.

Stratégie européenne

Air France met déjà progressivement en place une nouvelle offre européenne (Neo) concernant ses vols moyen-courriers pour arrêter l'érosion de sa rentabilité sur ces dessertes concurrencées par la britannique easyJet.

EasyJet opère par exemple sept vols quotidiens entre Paris et Nice avec des taux de remplissage des ses avions de 85%. Air France ne communique pas sur la rentabilité de ses lignes mais de source syndicale, on indique qu'au plus fort de la crise, les coûts étaient supérieurs aux recettes sur les vols intérieurs.