Affaire Woerth-Bettencourt: les syndicats s'y mettent

SOCIAL François Chérèque (CFDT) et Bernard Thibault sortent de leur réserve...

C. F. et G. W. avec AFP

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P. Wojazer/ Reuters

Eric Woerth avait salué leur élégance. Les leaders syndicaux semblent lâcher à leur tour le ministre du Travail dans l'affaire Bettencourt. Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, affirme que les démêlés d'Eric Woerth constituent «un vrai problème» car «on n'aborde plus du tout le fond du dossier», dans un entretien avec son homologue CGT Bernard Thibault au quotidien Les Echos paru ce vendredi.

Comme on demande aux deux hommes s'ils veulent le départ du ministre, François Chérèque répond qu'il se pose «une question légitime: comment peut-il gérer en même temps ses problèmes personnels avec l’affaire Bettencourt et la réforme des retraites?»

«Cette situation fait qu’on n’aborde plus du tout le fond du dossier. C’est un vrai problème», ajoute-t-il. Contacté par 20minutes.fr, il confirme:  «La question de sa crédibilité se pose. Comment va-t-il faire pour mener à bien la réforme des retraites  alors qu’il est occupé par une autre affaire? C’est le président de la République qui donnera sa réponse. Cette histoire masque le vrai problème, le vrai débat sur les retraites.

«Eric Woerth est préoccupé»

C'est la première fois que François Chérèque, qui avait manifesté une grande réserve sur ce point, prend position en ce sens.

Bernard Thibault se borne pour sa part à déclarer qu'«Eric Woerth est objectivement plus occupé, et préoccupé, par autre chose que par le sujet qui nous, nous intéresse».

Comme on demande au duo syndical si le climat politique «sert» les syndicats, le leader de la CFDT répond: «Je ne pense pas dès lors qu’il occulte le débat de fond sur les retraites». «Non», confirme son homologue cégétiste. «Le 7 septembre, je ne suis pas sûr que les manifestants vont demander sa démission. Ils seront plus concernés par la réforme», conclut François Chérèque.