Réduction du déficit: le gouvernement affûte ses armes

DÉFICIT es moyens utilisés se précisent en vue des débats parlementaires autour du budget 2011...

Elsa Meyer

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Nicolas Sarkozy et François Fillon, le 24 juin 2010 à l'Elysée.
Nicolas Sarkozy et François Fillon, le 24 juin 2010 à l'Elysée. — B.LANGLOIS/AFP

Après la réunion au fort de Brégançon vendredi dernier, le plan d’attaque budgétaire du gouvernement se met en place. 

Nicolas Sarkozy et ses ministres précisent peu à peu le mode opératoire pour faire passer le déficit de 8% à 3% du PIB d’ici à 2013. Un objectif d’autant plus difficile à atteindre que le chef de l’Etat se refuse à toute hausse de l’impôt sur le revenu, sur les sociétés ou de la TVA.

Croissance

Le gouvernement compte d’abord sur le retour de la croissance pour augmenter ses recettes fiscales et baisser les aides publiques. Le ministre du Budget, François Baroin, a estimé lundi dans une interview au journal Le Figaro que la reprise du marché du travail français devrait ainsi rapporter quelque deux milliards d'euros de cotisations sociales supplémentaires cette année.

Mais la reprise économique ne fera pas tout, loin de là. Jugé trop optimiste par beaucoup, l’Elysée a abaissé vendredi sa prévision de croissance pour 2011 de 2,5% à 2%.

Conséquence directe: il faudra «trouver entre trois et trois milliards et demi d'euros supplémentaires, ce qui est parfaitement atteignable», a affirmé François Baroin la semaine dernière.  

Niches fiscales

Les niches fiscales et sociales vont donc subir des baisses plus drastiques que prévu. L’Elysée a annoncé 10 milliards d’euros d’économies sur trois ans, soit la fourchette haute évoquée jusqu’à présent.

Pour éviter de cibler une catégorie de population en particulier, le Premier ministre François Fillon a déjà promis un coup de rabot général de 10% sur toutes les niches existantes. Certaines seront cependant conservées, d’autres tout bonnement supprimées.

Mais les arbitrages ne seront connus qu’à la mi-septembre: le gouvernement n’a aucune envie de se mettre qui que ce soit à dos pour l’instant.

Baisse de la dépense publique

Le Premier ministre a annoncé il y a quelques mois un gel des dépenses de l’Etat, en valeur, d'ici trois ans, hors charges d'intérêt de la dette et retraites. Concrètement, cela signifie que le gouvernement ne dépensera pas plus d'argent en 2011, 2012 et 2013 qu'en 2010, quelle que soit l'inflation.

L’Etat compte aussi réduire de 10% ses dépenses de fonctionnement en trois ans. Le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux sera par exemple poursuivi. Les ministères devront aussi diminuer de 10% leurs dépenses d’intervention d’ici à 2013.

Rigueur sur les collectivités locales et l’assurance maladie

Et l'Etat ne sera pas le seul à devoir se serrer la ceinture. Le gouvernement a annoncé un gel en valeur des dotations aux collectivités locales, soit environ 50 milliards d'euros. Côté assurance maladie, Nicolas Sarkozy compte réduire les dépenses de la Sécu, alors que le déficit devrait atteindre un record de 30 milliards d’euros cette année.

La réforme des retraites, débattue dès le 7 septembre à l’Assemblée nationale, doit ainsi permettre de ramener la branche vieillesse de la Sécurité sociale à l’équilibre d’ici à 2018.