Les festivals sont-ils menacés économiquement?

CULTURE Les aides publiques des collectivités constituent une part importante de leur budget et pourraient diminuer...

Elsa Meyer

— 

Des milliers de personnes rassemblées au Festival Solidays le 27 juin 2010 à Paris.
Des milliers de personnes rassemblées au Festival Solidays le 27 juin 2010 à Paris. — DUPUY FLORENT/SIPA

Rock, pop, musique classique, théâtre, jazz: en cette période estivale, les festivals battent leur plein.  Mais les craintes sur leur avenir se multiplient.

Car ces événements sont dépendants des aides publiques pour exister.  Les restrictions budgétaires nationales et locales ainsi que la réforme territoriale pourraient bien peser sur leur financement.

Aides publiques

Il y a certes des partenaires privés et de l’autofinancement grâce à la vente de billets ou la restauration. Les subventions publiques constituent cependant une grande partie du budget des festivals, même si le montant varie d’un événement à l’autre.

Le Festival d’Avignon est ainsi financé à 66% par ces aides, celui d’Aix en Provence et le Festival Interceltique de Lorient à 35%, et la Route du Rock à 25%.

Le rôle des collectivités

A part pour quelques grands événements, comme Avignon où l’Etat assure 54% du financement total, ce sont surtout les collectivités qui mettent la main au porte-monnaie.

«Le budget 2010 du Festival Interceltique de Lorient est de 4,6 millions d’euros. Le gouvernement contribue à hauteur de 2%.  La mairie de Lorient nous verse 9% de notre budget, plus 500.000 euros d’aides indirectes. Le Conseil régional de Bretagne assure 11% de notre financement, l’Agglomération du pays de Lorient 6,8% et le Conseil général du Morbihan 3,2%. Sans les aides des collectivités nous ne pourrions donc pas exister», explique à 20 minutes.fr Cédric Guillotin, responsable administratif et financier de l’événement.

Inquiétudes sur l’avenir

Les festivaliers sont donc très inquiets pour l’édition 2011. Rigueur oblige, le ministère de la Culture va diminuer ses crédits dans les trois ans qui viennent.  Et les collectivités risquent de devoir faire de même.  Entre la fin de la taxe professionnelle qui pèse sur leurs recettes,  le gel des dotations de l’Etat et les transferts de charges non compensés, les finances publiques locales sont fragilisées.

Autre crainte des festivaliers: la réforme territoriale actuellement examinée par le Parlement. Le gouvernement souhaite supprimer la clause de «compétence générale». Elle permet à une collectivité de s'occuper de domaines qui ne sont pas forcément de son ressort, notamment le financement de la création.

La réforme prévoit en outre la suppression des 6.000 conseillers régionaux et généraux en 2014 au profit de 3.500 conseillers territoriaux. S’il n’y a plus qu’une grosse collectivité, les subventions aux festivals risquent donc de diminuer.

Fin des festivals?

Cette baisse pourrait avoir des conséquences radicales. «Le Conseil général a réduit de 20% sa participation et nous avons aussi perdu un important partenaire privé en 2010. Nous avons donc dû annuler plusieurs événements, explique à 20minutes.fr François Floret, directeur de la Route du Rock. Nous avons atteint un niveau financier critique cette année.  Si les aides publiques diminuent encore, nous réfléchirons à continuer ou non le festival».