Pourquoi l'Allemagne et la France bataillent sur la question du rail?

TRANSPORTS Les Allemands reprochent à la France de ne pas libéraliser son marché assez rapidement...

E.M.

— 

La colère gronde outre-Rhin depuis quelques jours. L’Allemagne accuse la France de ne pas jouer franc jeu en matière d’ouverture à la concurrence de son trafic ferroviaire international des passagers.

Ouverture du marché

Officiellement, les compagnies ferroviaires européennes peuvent, depuis décembre dernier, faire du cabotage sur les rails français.

En clair, prendre des passagers sur la partie nationale du parcours (entre Paris et Strasbourg sur un Paris-Francfort, par exemple), à condition que ce créneau concerne moins de la moitié des passagers et du chiffre d'affaires de la liaison.

Mais la France a toujours traîné des pieds pour libéraliser son marché. Et dans les faits, la SNCF est toujours sans concurrent étranger.

La Deutsche Bahn mécontente

Une situation qui agace la compagnie ferroviaire allemande, la Deutsche Bahn. Car l’Allemagne a ouvert son marché depuis 17 ans et c’est un groupe hexagonal, Veolia Transport, qui s'est hissé au premier rang des compagnies privées outre-Rhin.

La Deutsche Bahn souhaite donc aussi se développer sur le territoire français. Déjà concurrent de la SNCF depuis 2006 sur le marché du fret, le groupe est en discussion pour mettre en place une liaison Lyon et Marseille à partir de Francfort dès 2012. Mais l’entreprise allemande aimerait bien que les négociations s’accélèrent.

Interrogé par 20minutes.fr, la SNCF n’a pas souhaité faire de commentaires. Pour le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau, la polémique n’a cependant pas lieu d’être. 

«Bisbilles franco-allemandes»

«Je suis très agacé par les bisbilles franco-allemandes dans le ferroviaire (…) Il faut que ces histoires cessent», a-t-il déclaré ce week-end dans un entretien au Journal du dimanche.

«Avec l’ouverture du marché sur les lignes internationales, rien n’empêche les compagnies étrangères de circuler en France. Les concurrents sont les bienvenus, qu’ils soient allemands ou italiens (…) A terme, la compétition verra le jour pour les trains régionaux mais nous devons d’abord faire des expérimentations», a-t-il précisé.

Dominique Bussereau rencontrera le ministre allemand des Transports, Peter Ramsauer le 31 août prochain ainsi que le patron de la Deutsche Bahn, Rüdiger Grube, et celui de la SNCF, Guillaume Pepy.

L’objectif: discuter concurrence entre les opérateurs mais tenter surtout de calmer les esprits.