Incendies en Russie: le prix de la baguette va-t-il augmenter?

MATIÈRES PREMIÈRES s cours du blé ont explosé et le pays vient d'annoncer un embargo sur les exportations...

Elsa Meyer

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Une baguette de pain dans une boulangerie à Paris en août 2007.
Une baguette de pain dans une boulangerie à Paris en août 2007. — DURAND FLORENCE/SIPA

Les incendies qui ravagent la Russie depuis quelques semaines ont fait flamber le prix du blé. Et la hausse devrait continuer: le Premier ministre, Vladimir Poutine, vient d’annoncer jeudi un embargo temporaire sur les exportations du pays.

Un coup dur pour le marché qui voit se retirer le troisième exportateur mondial. Pour autant, aucun risque de pénurie n’est à prévoir et les conséquences sur le prix du pain en France devraient être limitées.

Prix du blé au sommet

La Russie, qui fournit environ 8% de la production de blé, avait déjà revu à la baisse ses prévisions de récoltes de blé ces derniers jours, à 70-75 millions de tonnes cette année, contre 90 millions de tonnes en moyenne. 

L’annonce d’un embargo, du 15 août au 31 décembre, est donc la deuxième mauvaise nouvelle de la semaine. Elle s’est immédiatement traduite par une hausse de 23 euros de la tonne de blé sur le marché européen (Euronext). Les prix avaient déjà atteint leur plus haut niveau depuis deux ans lundi, après avoir explosé de près de 40% en juillet.

«Vent de panique»

«Il y a un vent de panique. Le fait que le troisième exportateur mondial se retire du marché signifie que l’offre va se réduire et la demande s’accentuer», explique à 20minutes.fr Patrick Gentile, consultant pour le cabinet spécialisé Agritel.

D’autant que la Russie n’est pas le seul producteur et exportateur de blé à connaître de mauvaises récoltes cette année. L’Ukraine et le Kazakhstan sont également touchés par la sécheresse tandis que le Canada a subi des précipitions importantes au printemps.

«Il n’y a cependant aucune risque de pénurie. Les stocks sont importants mais mal répartis. Ils se trouvent surtout aux Etats-Unis tandis que la demande est très forte au Maghreb. Les coûts de transport pour acheminer la céréale vont donc être plus élevés», analyse le consultant.

Conséquences pour les Français

Mais que les Français se rassurent, ils ne devraient pas payer leur baguette plus cher. Le coût du blé représente moins de 5% du prix final du pain.

Le prix de la viande pourrait en revanche augmenter. «L’alimentation donnée au bétail est constituée de beaucoup de blé. En cas d’explosion des cours, les agriculteurs le remplacent pas d’autres matières premières mais le maïs est aussi à la hausse», explique Patrick Gentile. Une valse des étiquettes serait donc à prévoir d’ici quelques semaines sur le porc ou la volaille.