Retraites: le gouvernement repousse l'examen des mesures sur la pénibilité

SOCIAL Les députés s'en occuperont en commission à la rentrée...

Elsa Meyer

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Ouvriers du bâtiment sur un chantier.
Ouvriers du bâtiment sur un chantier. — G. MICHEL/SIPA

Sur les questions de pénibilité dans la réforme des retraites, merci de bien vouloir repasser. Au dernier jour de l'examen du texte en commission à l'Assemblée nationale, le gouvernement a confirmé jeudi qu’il voulait repousser l’examen de ces mesures en septembre.

«Comme cette question (de la pénibilité) doit être revue avec les partenaires sociaux, l'idée est d'examiner les amendements juste avant la séance publique (ndlr : le 7 septembre)  pour tenir compte des arbitrages entre le gouvernement et les partenaires sociaux», a expliqué la députée UMP Valérie Rosso-Debord.

Réforme non négociable

Mais les syndicats et l’opposition ne se font guère d’illusions sur la possibilité de modifier le texte. En présentant les grands points de sa reforme des retraites, le gouvernement avait assuré que seuls certains points étaient négociables, dont la prise en compte de la pénibilité.

«Aucune avancée»

«Les syndicats ont été reçus (…) par le cabinet d’Eric Woerth  et nous avons fait des propositions sur la pénibilité pour supprimer par exemple la visite médicale. On nous a clairement dit que, sur tous les sujets, le texte ne serait pas modifié avant les débats parlementaires. A partir de là, on appelle à la mobilisation le 7 septembre car c’est la seule chose qui fera bouger le gouvernement», expliquait ainsi Eric Aubin, spécialiste des retraites à la CGT, à 20minutes.fr, le 13 juillet dernier.

«Aucune avancée n'a pu être obtenue sur les questions de pénibilité. Seule une forte mobilisation à la rentrée permettrait éventuellement au gouvernement d'entendre le besoin des salariés», s’est de son côté exclamée jeudi la député PS, Marisol Touraine.

Mesures proposées

La réforme des retraites va reculer l’âge légal de départ de 60 ans à 62 ans d’ici à 2018. Mais les salariés qui peuvent justifier d’un taux d'incapacité de 20% du fait d'une usure professionnelle pourront continuer à partir à 60 ans selon le projet de loi. Pour ce faire, la personne concernée devra prouver à un médecin qu’elle souffre «d’un affaiblissement physique avéré» au moment où elle souhaite prendre sa retraite.   

Selon Valérie Rosso-Debord, quelque 100.000 personnes par an d'ici à 2015 pourront bénéficier des dispositifs pénibilité et carrières longues sur 650.000 départs annuels.