Europe: La France et l'Allemagne veulent des sanctions politiques et financières contre les pays laxistes

EUROPE Les deux pays proposent notamment de supprimer les droits de vote...

E.M.

— 

Le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schauble, et la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, lors d'une conférence de presse commune le 21 juillet 2010.
Le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schauble, et la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, lors d'une conférence de presse commune le 21 juillet 2010. — Francois Mori/AP/SIPA

«Nous sommes ensemble particulièrement conscients de nos responsabilités. Il ne peut y avoir de divergences entre la France et l'Allemagne». A l’issue du conseil des ministres mercredi, en présence du ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, Nicolas Sarkozy a réaffirmé que la France et l’Allemagne étaient sur la même longueur d’onde en matière de gouvernance économique en Europe.  

Preuve en est: Wolfgang Schäuble et la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, se sont mis d’accord sur des sanctions financières et politiques contre les pays européens qui ne respecteraient pas les règles budgétaires. Des sujets qui divisaient les deux gouvernement il y a encore quelques mois.

Sanctions politiques

Les ministres des Finances de l’UE ont accepté la semaine dernière de priver les Etats laxistes de certaines subventions de l’UE.

Mais l’Allemagne et la France veulent aller plus loin. «Des sanctions politiques telles que la suspension des droits de vote devraient être imposés aux Etats membres qui enfreignent de manière grave et/ou répétée les engagements communs», ont jugé les deux gouvernements dans un document qui sera remis au président de l’UE, Herman Von Rompuy.

Concrètement, l’un des 27 pourra être exclu de certains votes s’il ne respecte pas le Pacte de stabilité et de croissance (PSC).  Celui-ci impose un déficit public inférieur à 3% du PIB et une dette publique sous la barre des 60% du PIB.

Cette proposition est loin de faire l’unanimité en Europe car elle risque d’empêcher nombre de gouvernements de voter. Avec la crise, vingt-trois des 27 pays de l'UE sont sous le coup d'une procédure pour «déficit excessif» de la part de la Commission européenne.

Sanctions financières

La France et l’Allemagne souhaitent également des sanctions financières contre les Etats laxistes. L'accès à certains financements européens pourrait ainsi leur être restreint, proportionnellement «à la gravité de l'infraction».

Les deux pays veulent aussi éviter de devoir à nouveau débloquer dans l’urgence plusieurs milliards d’euros pour aider un pays en pleine crise budgétaire, comme ce fut le cas pour la Grèce.

Ils proposent ainsi que les Etats qui ne réduisent pas suffisamment vite leurs déficits publics soient obligés de faire un dépôt d’argent. Aucun montant minimal n’a pour l’instant été évoqué.