Job d'été: comment éviter les arnaques?

ECONOMIE Salaires impayés, couverture sociale absente...

Delphine Bancaud

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M.DANIAU / AFP PHOTO

Serveur dans un café, animateur dans une colonie de vacances, vendeur dans une boutique de souvenirs… Voilà le retour des jobs d’été. Et avec eux les risques d’entorses au droit du travail. Comme chaque été depuis dix ans, la CFDT organise une campagne en direction des saisonniers qu’elle a lancée jeudi matin. Un bus ira à la rencontre des salariés dans 18 régions de France afin de leur fournir des conseils pour faire respecter leurs droits. En voici quelques-uns.

Aux paroles, tu préféreras les écrits

Votre employeur vous demande de commencer à bosser alors que vous n’avez même pas encore signé votre contrat? Méfiance, car vous ne pourrez pas prouver que vous avez bosser ces jours-là, en cas de désaccord. Par ailleurs, le fait de n’avoir rien négocié en amont est assez risqué, car votre employeur pourrait en pprofiter pour vous imposer des conditions de travail peu confortables. Exigez donc que votre contrat de travail vous soit remis dans les 48 heures suivant votre embauche et qu’il mentionne sa durée, la durée de la période d’essai, le salaire, la mission exacte à effectuer, le lieu de travail, la convention collective, et le temps de travail hebdomadaire. «Il faut être vigilant sur ce dernier point car les grandes surfaces ont tendance actuellement à ne pas mentionner le nombre d’heures de travail prévu, ce qui leur permet de faire de leurs saisonniers des variables d’ajustement», indique Hervé Garnier, secrétaire national de la CFDT en charge de la politique envers les jeunes.

Le travail au noir, tu oublieras

Si votre employeur propose de vous verser une partie, voire la totalité, de votre salaire au noir, refusez tout net. Car vous pourriez avoir à le payer très cher, nombre d’employeurs revenant sur le salaire qu’ils avaient fixé initialement, quand ils ne décident pas tout bonnement de squeezer certaines heures de travail. Par ailleurs, vous ne bénéficieriez d’aucune protection sociale en cas d’accident du travail.

Sur ta montre, tu garderas un œil

Le temps hebdomadaire de travail peut varier de 35 à 52 heures, selon le secteur d’activité et la durée journalière est limitée à dix heures (onze pour les plongeurs, cuisiniers et serveurs). Vous avez tout intérêt à noter vos horaires pour éviter que certaines heures ne vous soient pas payées. En cas de dépassement, vous devez recevoir des heures supplémentaires. Sachez aussi qu’un saisonnier ne peut pas bosser plus de six jours sur sept, sauf en cas de grande affluence de clientèle. Dans ce cas, le repos doit être reporté, mais pas plus de deux fois par mois. Par ailleurs, la pause, c’est sacré! Vous devez faire au minimum un break de 20 minutes toutes les six heures. Bon à savoir aussi: il doit y avoir onze heures de repos entre deux journées de travail.

En règles, tu partiras

Pas question de prendre la poudre d’escampette une fois l’été fini, sans avoir récupéré quelques documents. A la fin de la saison, votre employeur doit vous remettre un certificat de travail et un bulletin individuel d’accès à la formation. Si vous avez travaillez au mois quatre mois, vous pourrez ensuite prétendre à une indemnisation chômage.