Des blocs opératoires en sursis

SANTE Cinquante-quatre services de chirurgie sont menacés de fermeture...

Gilles Wallon (avec AFP)

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En dessous de 1 500 patients opérés par an, un chirurgien perd en précision.
En dessous de 1 500 patients opérés par an, un chirurgien perd en précision. — EFFNER / VARIO IMAGES / SIPA

C'est une maladie nouvelle dans les hôpitaux français: «L'activité insuffisante». Parce que moins de 1.500 personnes y sont opérées chaque année, une cinquantaine de services de chirurgie sont menacés de fermeture. Le ministère de la Santé l'a annoncé hier, confirmant des informations du Journal du Dimanche. Les zones rurales seront les plus touchées. Parmi les hôpitaux concernés : Paimpol (Côtes-d'Armor), Clermont (Oise), Hazebrouck (Nord), ou encore quatre établissements du Puy-de-Dôme.

« Médecins mercenaires»

«Le but est d'offrir de meilleurs soins», assure le ministère de la Santé. Si les blocs opératoires ferment, c'est qu'il faut «garantir la sécurité des patients». Car les études en attestent: quand un chirurgien opère peu, il perd en précision. En dessous de 1.500 personnes opérées par an, la qualité des soins peut être remise en doute. «Les gens ne veulent plus se faire soigner dans ces petits hôpitaux, estime-t-on au ministère. Et les médecins ne veulent pas non plus y rester.»
Résultat: les directeurs sont forcés de recruter «des médecins mercenaires», qui exigent d'être payés à des tarifs très élevés pour assurer la continuité des soins. Un «état de fait» difficile à accepter alors que la Sécurité sociale doit réaliser l'an prochain 3 milliards d'euros d'économies.

Pourtant, élus et directeurs d'hôpitaux s'inquiètent. Les services de chirurgie abritent souvent des maternités, qui disparaîtraient aussi en cas de réforme. Et des accords entre hôpitaux et cliniques privées pourraient être signés pour sauver les services. Laissant les patients rentables aux cliniques et les malades coûteux aux hôpitaux publics.