Lady-boom dans les conseils d'administration

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Le taux de féminisation des conseils d'administration atteint 15,3 % en 2010.
Le taux de féminisation des conseils d'administration atteint 15,3 % en 2010. — A. YATES / AFP

Installé hier par François Fillon, l'Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes n'est pas au bout de ses peines. Sa feuille de route dans les mois à venir : plancher notamment sur les moyens de renforcer l'égalité professionnelle et salariale. Sur ce point, il devrait être aidé dans sa tâche par la proposition de loi relative à la représentation équilibrée des femmes et des hommes au sein des conseils d'administration (CA). Elle prévoit d'imposer avant 2016 un quota de 40 % de femmes dans les CA des 650 entreprises cotées, sous peine d'annulation de leurs délibérations. Déjà adoptée à l'Assemblée nationale, elle sera examinée au Sénat à l'automne.

Un électrochoc au sein du CAC 40
Or, dans son dernier baromètre sur la mixité des CA du CAC 40 publié mercredi, l'agence de communication financière Capitalcom montre que les entreprises ont déjà anticipé leurs futures obligations légales : le taux de féminisation des CA a fait un bond, passant de 10,5 en 2009 à 15,3 % en 2010. « Des résultats d'autant plus spectaculaires que ce taux stagnait depuis cinq ans », souligne Caroline de La Marnière, présidente de Capitalcom. « La proposition de loi est arrivée à point nommé car les entreprises étaient mûres pour enclencher le pas. »
Autre facteur accélérateur : en avril dernier, le Medef a repris les objectifs de la proposition de loi, en recommandant aux entreprises cotées d'atteindre un pourcentage d'au moins 20 % de femmes dans leur CA d'ici à 2013. Selon le baromètre de Capitalcom, 30 % des groupes du CAC 40 auraient d'ailleurs déjà atteint ce palier. D'autres seraient encore à la traîne : « EADS, STMicroelectronics et Technip n'ont par exemple pas encore intégré de femmes, dans leur conseil », révèle Caroline de La Marnière. Une situation qui ne devrait pas durer selon elle, car « les progrès constatés feront nécessairement effet boule de neige ». Sans oublier le fait que les entreprises n'aiment jamais être montrées du doigt…

CHASSE OUVERTE

Où sont les femmes ? Pas évident de trouver une administratrice ad hoc. Pour ce faire, les entreprises sont prêtes à mettre les moyens et ont souvent recours à des chasseurs de têtes. « Le vivier de candidates existe pourtant, mais il faut s'ouvrir à d'autres profils que les femmes dirigeantes car la France est peu riche dans ce domaine. Il faut par exemple faire appel à celles qui exercent des professions libérales ou occupent des postes exécutifs », explique Caroline de La Marnière.