Allemagne: le «miracle de l'emploi»

EMPLOI Le nombre de chômeurs devrait passer sous la barre des trois millions de personnes selon le ministre allemand de l'Economie...

E.M.

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Le drapeau de l'Allemagne flottant sur le Bundestag, le Parlement allemand.
Le drapeau de l'Allemagne flottant sur le Bundestag, le Parlement allemand. — A. DOUGLAS/SIPA

Des chiffres à faire rêver le gouvernement français. Le nombre de chômeurs en Allemagne devrait bientôt passer sous la barre des trois millions, a déclaré le ministre allemand de l'Economie, Rainer Brüderle.

Car la croissance outre-Rhin repart même si l’embellie pourrait être de courte durée.

Un taux de chômage à 7,5%


En 2009, le taux de chômage en Allemagne était en moyenne de 8,2%. Selon les derniers chiffres publiés mercredi, il est tombé à 7,5%, et pourrait retrouver son niveau d'avant la crise d'ici l'automne.

Les dernières prévisions tablaient pourtant sur une hausse du chômage début 2010. Contre toute attente, les chiffres ne cessent de baisser depuis janvier.

«Nous pourrons bientôt passer sous la barre des trois millions », selon le ministre de l’Economie qui s'exprimait devant les députés du Bundestag, la chambre basse du Parlement allemand. «Nous sommes au milieu d'un miracle de l'emploi d'une certaine ampleur», a-t-il déclaré.

Cette embellie sur le marché de l’emploi s’explique par les mesures de chômage partiel mises en place par le gouvernement mais aussi par une reprise dynamique.

2% de croissance

Après avoir connu sa pire récession depuis l’après-guerre en 2009, la croissance allemande pourrait atteindre les 2% cette année, selon plusieurs économistes. Prudent, le gouvernement ne prévoit pour sa part qu’une hausse de 1,4% du PIB pour 2010.

L’économie est notamment soutenue par un boom des exportations avec la reprise du commerce mondial, favorisée par la baisse de l’euro.

Mais le dynamisme du marché du travail allemand pourrait être de courte durée. La croissance devrait ralentir dans les mois qui viennent avec l’impact des plans de rigueur adoptés par Berlin mais aussi par le reste des pays européens.  Car l’Allemagne est très dépendante de la demande de ses voisins:  70 % de ses exportations se font vers l'Europe et 43 % vers la zone euro.