Réduction du train de vie de l’Etat: un impact budgétaire très limité

RIGUEUR Les économies attendues sont minimes et de toute manière difficiles à chiffrer...

Elsa Meyer

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Billets en euros.
Billets en euros. — JAUBERT/SIPA

De la fin des chasses présidentielles à la réduction du nombre de collaborateurs, Nicolas Sarkozy veut que son gouvernement soit exemplaire avec les deniers publics.  

Même s’il n’y a pas de petites économies, celles-ci ne devraient pas dépasser la centaine de millions d’euros et restent très difficiles à chiffrer.

Peu de conséquence sur le déficit

Dans une lettre envoyée lundi à François Fillon, le président de la République a détaillé toute une série de mesures pour réduire le train de vie de l’Etat.

Mais l’impact budgétaire sera  cependant «assez limité, c'est un enjeu de l'ordre d'un milliard d'euros», a reconnu mardi sur LCI le député UMP Gilles Carrez, rapporteur général de la loi de finances. «Ca se chiffre en dizaines de millions d'euros», estime pour sa part Elie Cohen, directeur de recherche au CNRS. «C'est dérisoire par rapport aux 100 milliards d'euros que l'Etat doit trouver pour réduire ses déficits publics», a-t-il expliqué.

Difficiles à chiffrer

Car les mesures annoncées sont surtout symboliques pour montrer que le gouvernement se serre aussi la ceinture.

«Aujourd’hui nous n’avons aucun chiffrage pour la simple et bonne raison qu’il faudra attendre la mise en place de certaines mesures pour connaître le gain financier», explique-t-on à l’Elysée.

Impossible par exemple de savoir combien l’Etat économisera avec la fin des chasses présidentielles puisque personne ne connaissait vraiment leur coût jusqu’à présent.

Quel contrôle des comportements?

Une partie des annonces de Nicolas Sarkozy correspond ensuite à une responsabilisation des comportements. Le chef de l’Etat exhorte par exemple ses ministres à payer tous leurs frais privés «sur leurs deniers personnels», sous peine de sanctions. Rien n’est dit en revanche sur la manière dont ces dérives, qui ont toujours été interdites, seront désormais encadrées et sanctionnées.

Autre exemple: la limitation du nombre de collaborateurs à 20 personnes pour les ministères et 4 pour les secrétariats d’Etat étaient déjà une règle imposée lors de l’élection présidentielle en 2007 mais jamais respectée.

Et l’Elysée reste flou sur la manière de mieux contrôler ces dérapages. «Les principes ont été actés avec cette lettre et c’est maintenant à Matignon de préciser la mise en œuvre de ces mesures. Mais ce qui est sûr, c’est que nous allons être beaucoup plus attentifs que nous ne l’étions auparavant», affirme-t-on. Pas sûr que cela soit suffisamment dissuasif.