une addition salée pour la tva à taux réduit

gilles wallon

— 

La baisse représente un manque à gagner de trois milliards d'euros brut par an.
La baisse représente un manque à gagner de trois milliards d'euros brut par an. — MEIGNEUX / SIPA

Déception d'un côté, encouragements de l'autre. C'est le bilan très mitigé de la TVA à taux réduit (5,5 %, au lieu de 19,6 %) dans les cafés et restaurants, un an après sa mise en place.
Du côté des déçus : les consommateurs, pour qui l'addition est souvent restée salée. « Le client a été le dindon de la farce », estime même l'association UFC-Que Choisir. En un an, moins d'un restaurateur sur deux a baissé ses prix. Et au total, la baisse moyenne n'atteint que 1,3 %, quand la profession s'était engagée à une baisse générale de 3 %. Un sondage récent résume le sentiment général. Pour une majorité de Français (61 %), la baisse n'est qu'une « niche fiscale », accordée comme un cadeau aux restaurateurs, qu'il faudrait supprimer.

Manque à gagner de 3 milliards
A la Cour des comptes, on ne « pleurerait pas » sur l'abandon de cette mesure, très coûteuse en pleine rigueur. La TVA réduite représente un manque à gagner pour l'Etat de trois milliards d'euros brut par an... Face aux critiques, les restaurateurs l'assurent : la baisse la TVA était une condition de « survie », qui leur a permis de sauvegarder des milliers d'emplois.
Laura Vildi, cogérante d'un restaurant lyonnais, l'avoue sans peine : elle a baissé ses prix « sur toutes les boissons sans alcool », mais pas sur son menu, néanmoins « plus copieux et plus varié ». La mesure lui a permis d'embaucher deux personnes, « en cuisine et pour le ménage ». Un autre restaurateur, lui, l'avoue anonymement : il n'a pas embauché ni baissé les prix des plats et boissons « qu'il vend moins ». Mais il a pu se renflouer. « Sans cette baisse, on était mort », confesse-t-il.