La garden-party a-t-elle été annulée trop tard?

GARDEN-PARTY Ségolène Royal affirme qu’il faudra de toute manière dédommager les traiteurs...

Elsa Meyer

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La garden party de l'Elysée du 14 juillet 2009.
La garden party de l'Elysée du 14 juillet 2009. — M.MEDINA/AFP

Pour cause de cure d’austérité nationale, l’Elysée et le Quai d’Orsay vont annuler leur garden-party du 14 juillet. Le ministère de l’Outre-mer devrait annoncer la même chose en début de semaine.

L’objectif pour le gouvernement est de montrer l’exemple alors qu’il demande aux Français de se serrer la ceinture. Mais selon la présidente de la région Poitou-Charentes, Ségolène Royal, les contribuables devront quand même payer pour ces événements qui n’auront pas lieu.

Dédommager les entreprises?

«A cette date et pour une réception aussi importante, les commandes aux entreprises sont toutes déjà passées. Soit les entreprises sont en difficulté, soit il va falloir les dédommager», a expliqué Ségolène Royal dans un entretien au site nouvelobs.com.

L’Elysée et les ministères concernés l’assurent pourtant: aucun centime ne sera déboursé. «Nous avons de toute manière suspendu l’appel d’offres en vue de cette annonce», explique le ministère de l’Outre-mer, contacté par 20minutes.fr.

Pour la garden-party du président de la République, le son de cloche est le même. «Pour l’instant aucune décision officielle n’a été rendue et nous n’avons aucune concernant l’appel d’offre auquel nous avons participé», explique à 20minutes.fr le traiteur Lenôtre.

Aucune conséquence

Et même si l’événement avait été annulé à la dernière minute, les conséquences auraient été minimes selon le traiteur.

«Nous ne commençons jamais à travailler nos produits plus de 48h à l’avance et nous sommes très flexibles d’un point de vue organisationnel, c’est la force de notre métier », analyse-t-on.

«La garden-party de l’Elysée est un événement important mais ce n’est pas le seul. Entre les réceptions qui s’annulent et celles que nous faisons tout au long de l’année, les choses s’équilibrent. Nous n’aurions eu aucun manque à gagner», rassure Lenôtre.

Les sommes ne sont toutefois pas négligeables. Selon le député apparenté PS René Dosière, la garden-party du 14 juillet 2009 a coûté 313.618 euros rien qu’en frais de traiteur, pour une facture totale de 732.826 euros.

Inquiétudes dans la profession

Quoiqu'il en soit, ces annonces de suppression inquiète la profession. Les traiteurs craignent un effet tâche d'huile en région. «Certains politiques auront envie de suivre la tendance», estime Bernard Lars, traiteur et responsable du secteur au Syndicat national des hôteliers, restaurateurs et cafetiers (Synhorcat).