La France ne rattrapera jamais le retard accumulé pendant la crise

ÉCONOMIE 'est en tout cas l'hypothèse pessimiste de l’Insee détaillée vendredi...

E. M.

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Billets en euros.
Billets en euros. — JAUBERT/SIPA

La France est sortie de la récession. Mais la crise économique mondiale amorcée en 2008 a durablement affecté la croissance française.

Et le PIB ne devrait jamais rattraper le retard cumulé ces deux dernières années, selon le constat pessimiste de l’Insee détaillé ce vendredi.

«La crise a fait perdre à la France, irrémédiablement, environ 3 points de PIB de recettes fiscales et sociales», a ainsi chiffré Jean-Philippe Cotis, directeur général de l'Insee.

En dehors de toute intervention du gouvernement pour réduire la dépense publique, le niveau de la dette par rapport au PIB serait accru de 40 points de produit intérieur brut d’ici à 2018, d’après les hypothèses de l’Insee. Une hausse qui s’expliquerait avant tout par la perte de recettes fiscales pendant la crise et la hausse des intérêts de la dette qui en a découlé.

Cicatrice profonde

La récession mondiale a donc laissé une cicatrice profonde sur la France. Car elle a complètement déstabilisé l’économie hexagonale.   

Les craintes liées au marché financier vont par exemple encore longtemps retreindre les bénéfices des entreprises et leurs accès aux crédits. Une situation qui pèsera donc sur les investissements, analyse l’Insee.

En ce qui concerne l’emploi, la dégradation du marché du travail risque de continuer à décourager les chômeurs de rechercher un poste. Et la crise a aussi modifié la structure économique et les besoins de main d’œuvre selon les secteurs.  «Dans l’intervalle de temps nécessaire au rééquilibrage, la proportion de chômeurs de longue durée» va donc augmenter, selon l’Institut.

Croissance en berne

La croissance a d’ailleurs beaucoup de mal à repartir ces derniers mois. La France est sortie de la récession au deuxième trimestre 2009 mais la hausse du PIB na été que de 0,1% au premier trimestre 2010. Et toutes les prévisions sont formelles: les perspectives restent fragiles et incertaines.

«La croissance devrait être atone en 2010 et n’enregistrer qu’une légère reprise au cours de l’année 2011. Le taux de chômage élevé, le retrait progressif des mesures de relance et l’effort de consolidation des finances publiques, imminent en France comme chez ses partenaires commerciaux, vont peser sur la demande», traditionnel moteur de l’économie française, analyse ainsi pour sa part un rapport du Fonds monétaire international (FMI) publié jeudi.

Le FMI table pour la France sur une croissance de 1,5% cette année puis de 1,8% en 2011, selon ses prévisions publiées fin avril. Le gouvernement s’attend quant à lui à une hausse de 1,4% du PIB. Mais il s’est montré beaucoup plus optimiste pour l’année prochaine: il espère 2,5% de croissance.