La Grèce dénonce une nouvelle dégradation de sa note

CRISE GRECQUE Athènes jugé infondée la baisse de sa note par Moody's...

E.M. avec agence
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Le drapeau de la Grèce.
Le drapeau de la Grèce. — P. Karadjias/AP/SIPA

Trop c’est trop. La Grèce a dénoncé lundi une nouvelle dégradation de sa note par l’agence de notation Moody’s. Athènes la juge sans fondements alors que le pays s’est engagé dans une cure d’austérité sans précédent pour sortir ses comptes du rouge.

Catégorie spéculative

Moody's a abaissé lundi la note de la Grèce de quatre crans, de «A3» à «Ba1». Cette nouvelle note relègue le pays dans la catégorie spéculative pour un risque de non-remboursement de sa dette publique.

Une situation qui reflète «les risques liés au plan de sauvetage mis en place par les pays de la zone euro et le Fonds monétaire international» (FMI), a expliqué l’agence dans un communiqué.

Pour Sarah Carlson, analyste chez Moody's, il y a une «incertitude considérable sur le calendrier et l'impact» de la cure d'austérité grecque. Athènes a décidé d’un plan de rigueur drastique fin mai en contrepartie des prêts de la zone euro et du FMI pour un montant de 110 milliards d'euros sur trois ans. 

Dégradation infondée

Le ministère grec des Finances a vivement réagi à cette sanction. Il a jugé dans un communiqué que «cette dégradation ne reflète ni le progrès enregistré ces derniers mois, ni les perspectives ouvertes par l'assainissement budgétaire et l'amélioration de la compétitivité du pays».

Preuve en est, selon lui: le déficit budgétaire a été réduit de 38,8% pour les cinq premiers mois, par rapport à la même période de 2009. La récession au premier trimestre est aussi inférieure à celle prévue pour l'année (-4%) par le plan élaboré avec l'UE et le FMI, ajoute le communiqué.

«Provocation»

La presse grecque parlait même ce matin d’un coup en-dessous de la ceinture. «Quatre bravos et une provocation», titrait en une le pro-gouvernemental Ta Néa. Le journal opposait le «sabotage» de Moody's aux «compliments» adressés au pays ces derniers jours par les dirigeants de la BCE et de la Deutsche Bank.

Bruxelles s'est ainsi étonnée mardi de cette décision. «Cette décision arrive à un moment assez étonnant et malheureux, suite à l'accord conclu sur un programme d'ajustement macro-économique entre la Grèce, la Commission, la BCE et le FMI», a observé le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, devant le Parlement européen à Strasbourg.

Mais Moody’s n’est pas la seule à s’inquiéter de l’efficacité du plan de rigueur grec. Les deux autres agences de notation ont aussi abaissé la note d’Athènes ces dernières semaines, à BB+ par Standard and Poor's, qui la range également dans la catégorie des investissements spéculatifs, et à BBB- par Fitch.