General Motors plus proche de la faillite

E24 avec agences

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Le constructeur américain General Motors a annoncé ce mercredi l'échec de la restructuration de sa dette obligataire, qui a recueilli une adhésion des créanciers "substantiellement moindre" que le montant visé. Le numéro un américain de l'automobile s'était fixé pour objectif d'obtenir l'accord de 90% de ses porteurs de dette obligataire. L'offre n'ayant pas reçu l'accueil escompté, elle ne sera pas menée à son terme, a indiqué le groupe. La restructuration de la dette de GM porte sur 27 milliards de dollars.

Il semble en fait que certains créanciers préférent acculer le constructeur au dépôt de bilan pour tenter leur chance devant un tribunal des faillites. Le conseil d'administration de GM va se réunir pour discuter des mesures à prendre à la lueur de cet l'échec.

Pour le numéro un américain de l'automobile l'accord des créanciers était essentiel avant de soumettre en fin de semaine à l'administration un nouveau plan de redressement, conformément à l'ultimatum posé fin mars par le président Barack Obama. Mais selon l'agence Reuters, quelques heures avant l'expiration de l'offre, un faible pourcentage de créanciers l'avaient acceptée.

GM est donc en route vers le dépôt de bilan, et une procédure de redressement sous contrôle judiciaire sans doute bien plus longue et complexe que celle engagée par Chrysler, une société non cotée et plus petite.

Syndicats moins présents

Initialement, à l'issue de l'opération, le capital de GM devait être détenu à 10% par les créanciers, contre 39% pour un fonds géré par le syndicat de l'automobile UAW et plus de 50% pour l'Etat fédéral. Mais une source syndicale a indiqué mardi que, finalement, la part revenant au syndicat ne s'élèverait plus qu'à 17,5%, la différence s'expliquant par l'apport de 9 milliards de dollars en titres de dette.

L'Etat fédéral pourrait garder plus de 50% du capital, indiquait-on mardi soir de source informée, mais avec l'intention de rester actionnaire "pour une très courte période" seulement, et de ne jouer en tout état de cause qu'"un rôle aussi minime que possible".

Contre-proposition

Quoiqu'il en soit un tel partage laisserait plus de poids au syndicat qu'aux investisseurs, dont la dette est pourtant garantie, provoquant la grogne de nombreux petits porteurs: la dette de GM est répartie entre 120 établissements financiers et 100.000 investisseurs individuels. Un "comité ad-hoc" des créanciers avait proposé fin avril un plan alternatif leur accordant 58% de la société nouvelle, tandis que les syndicats obtiendraient 41%, et les actionnaires actuels 1%.

Dans ce schéma, la nationalisation partielle serait évitée, "le gouvernement américain n'aurait pas à convertir en actions les 20 milliards de dollars de prêts accordés, et la nécessité d'accorder des prêts supplémentaires serait dramatiquement réduite", avait fait valoir un responsable du cabinet Houlihan Lokeyn Howard and Zukin, conseiller du comité des créanciers. De source proche du dossier, on soulignait qu'en tout état de cause le plan proposé restait plus généreux pour les créanciers qu'une des alternatives possibles: "avec une liquidation, ils n'auraient rien ou presque".

Le cas Chrysler

Chez Chrysler, les créanciers récalcitrants, de plus en plus isolés, ont dû finalement renoncer à contester le plan de restructuration soumis au juge des faillites, faute de moyens. Les derniers récalcitrants, trois fonds gérés par le trésorier (républicain) de l'Etat de l'Indiana, ont été déboutés par la justice de leur demande d'un report des décisions.

Le juge des faillites Arthur Gonzalez pourrait valider dès mercredi le plan de redressement de Chrysler. Selon un document juridique du Trésor, la vente à Fiat des actifs sains du numéro trois américain de l'automobile pourrait intervenir dès vendredi.

Ce mercredi, une réunion est prévue à Berlin autour de la chancelière Angela Merkel. Elle réunira les prétendants à la reprise d'Opel, les autorités allemandes et américaines et des représentants de General Motors.