Économie

Sarkozy veut faire de la France le pays des voitures vertes

Le Mondial de l'automobile 2008 est décidemment très vert. Après la série d'annonces des constructeurs portants sur les voitures hybrides et électriques, le président de la République a choisi de présenter, jeudi 9 octobre, ses mesures en faveur du développement des voitures propres, Porte de Versailles. "L'industrie automobile est aujourd'hui (…) à un tournant de son histoire", a-t-il affirmé. Elle va passer du tout pétrole à l'électrique. Pour l'accompagner dans cette mutation, l'Etat va consacrer 400 millions d'euros à la recherche et développement des "véhicules décarbonés", c'est-à-dire dégageant peu de CO2, a annoncé Sarkozy.

Outre cette enveloppe recherche, le plan prévoit une série de mesures afin de soutenir la demande. "Pour que le prix de ces véhicules soit abordable, il faut qu'ils soient produits en série. Et pour que les investissements dans une production en série soient réalisés, il faut l'assurance qu'une demande solvable existe", a plaidé Nicolas Sarkozy. Pour stimuler le marché, le système de bonus-malus sera prolongé jusqu'à fin 2009. Ensuite, le bonus écologique de 5.000 euros destiné aux véhicules dégageant moins de 60 grammes de CO2/km sera maintenu jusqu'en 2012.

En parallèle, Nicolas Sarkozy a souhaité la multiplication des points de ravitaillement de batteries électriques pour ces futures voitures vertes. Un rapport sur ce vaste plan d'équipement a été commandé et devrait être transposé dans la loi "avant le début de 2010". De quoi réjouir Renault et EDF qui signaient le matin même un partenariat pour développer ce type de réseau.

Le Président pense aussi Europe. De la même façon que les Etats-Unis ont aidé ses constructeurs automobile en difficulté (l'état a injecté 25 milliards de dollars), Nicolas Sarkozy veut une marge de manœuvre pour aider les industriels européens de l'automobile à investir dans la voiture verte. Les règles européennes sur la concurrence ne le permettent pas. Pour l'instant. Car le président appelle à les modifier. De la même manière, il appelle aussi la Banque européenne d'investissement (BEI) à intervenir dans le secteur automobile pour financer la recherche sur les voitures vertes, comme elle l'a déjà fait dans le passé pour l'aérospatiale ou l'aéronautique.

Sarkozy veut montrer l'exemple à ses homologues européens: l'Etat n'achètera plus, à partir du 1er janvier 2009, de voitures dégageant plus de 130 gr de CO2/km.