Miss Belle Morale...

R.S. avec AP

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L'Arabie saoudite réitère pour la seconde fois son concours de "Miss Belle Morale". L'apparence physique ne constitue pas un atout pour les candidates, le jury recherche avant tout une jeune fille qui se distingue par son dévouement et son respect pour ses parents. "L'idée est d'évaluer l'engagement des candidates envers les valeurs morales islamiques (...) c'est une alternative aux appels à la décadence des autres concours de beauté qui prennent uniquement en compte le corps et l'apparence de la femme", explique Khadra al-Moubarak, fondatrice de la manifestation. "La lauréate ne sera pas nécessairement jolie", reconnaît-elle. "Nous nous intéressons à la beauté de l'âme et à la moralité."

Ce concours est un succès. Si les jeunes filles n'étaient que 75 à s'être présentées en 2008, leur nombre a presque triplé pour cette seconde édition, à 200 candidates âgées entre 15 et 25 ans. Il faut dire qu'être la plus dévouée à ses parents rapporte: la lauréate recevra 2.600 dollars et ses deux dauphines recevront chacune 1.300 dollars.

Ce n'est pas la première fois que des concours occidentaux sont adaptés à des normes musulmanes conservatrices. Une nouvelle chaîne islamique musicale détenue par un homme d'affaires égyptien a diffusé récemment une émission de téléréalité sur le modèle du programme américain "American Idol" -la "Nouvelle Star" en France-, mettant en scène des interprètes de chansons religieuses.

Tous les pays du Moyen-Orient ne sont pas aussi conservateurs. Au Liban, le pays le plus libéral de la région, propose un concours de beauté plus "glamour": les aspirantes-miss apparaissent à la télévision en maillot de bain une pièce et dans de somptueuses robes de soirée.