Fiat a la cote

Julien Beauvieux

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En grande difficulté il y a encore quelques années, le groupe industriel et automobile Fiat Group est aujourd'hui en passe de devenir un des premiers constructeurs européens, si le mariage avec Opel est scellé. Un retournement de situation que traduit le parcours en Bourse du transalpin depuis le début de 2009.

Alors que les cours des actions des constructeurs mondiaux sont au plus bas, celui du conglomérat industriel Fiat Group, qui contrôle le constructeur automobile éponyme, a progressé de près de 75% depuis le début de l'année, tandis que l'indice DJ Eurostoxx Automotive n'a augmenté que de 18% depuis le 1er janvier 2009. Aux alentours de 8 euros, l'action de Fiat Group est aujourd'hui bien loin de son plus bas sur 10 ans, de 4,76 euros, atteint le 21 avril 2005. A titre de comparaison, les titres PSA et Renault ont touché leur plus bas sur 10 ans le 24 décembre 2008 et le 4 mars 2009…

Le groupe transalpin, qui possède notamment les marques Fiat, Alfa Romeo, Lancia, Maserati et Ferrari, a longtemps été handicapé en Bourse par des résultats en berne et une dette écrasante. Fiat Group a été déficitaire au début des années 2000, avec en point d'orgue une perte de plus de 4 milliards d'euros en 2002 et un résultat négatif de plus d'un milliard en 2003 et 2004.

Le travail d'assainissement financier nécessaire fut mené par Sergio Marchionne, nommé directeur général à partir de juin 2004. Le dirigeant focalisa plus particulièrement ses efforts sur la branche automobile, en grande difficulté, en lançant de nouveaux modèles à succès, comme la Panda II ou la Grande Punto.

Renouant avec les profits en 2005, le groupe a également maîtrisé une dette qui avait atteint la bagatelle de 25 milliards d'euros en 2004. Soit plus de 55% du chiffre d'affaires de 45 milliards d'euros de l'époque. Un rapport qui baissera jusqu'à 17,8% au titre de l'exercice 2007, avant de repartir à la hausse l'an dernier pour atteindre 30,2% en raison de la crise économique.

Réorganisé, Fiat Group est malgré tout mieux armé que ses concurrents pour tirer profit de la crise actuelle. Sa branche automobile, qui représentait l'an dernier 50% de son chiffre d'affaires, est spécialisée dans les petits modèles urbains peu gourmands en carburant.

Au niveau stratégique, le groupe était peu présent en Amérique du Nord, jusqu'à la prise de 20% du capital de Chrysler. Le groupe a par ailleurs entamé des négociations avec le gouvernement allemand pour racheter Opel, la filiale allemande d'un autre géant américain malade, General Motors. Selon IG Metall, le groupe mettrait seulement 750 millions d'euros sur la table.

Autant de nouvelles favorables qui ont accéléré le rebond du titre à la Bourse de Milan lundi 4 mai. L'action Fiat progresse de plus de 6,3%, signant la deuxième meilleure performance de l'indice DJ Eurostoxx Automotive.