Fiat ne fait pas que des voitures

Guillaume Guichard

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Voitures de luxe, équipements de chantier, presse et édition… Fiat n'est pas seulement un constructeur de voitures. L'empire Fiat, qui pèse aujourd'hui 59,4 milliards de d'euros de chiffre d'affaires, a été édifié au fil des décennies par la famille Agnelli (30% du capital) autour de l'automobile, certes, mais pas seulement.

La branche automobile, qui représente 49,2% du chiffre d'affaires du groupe, est la plus connue avec Fiat, le constructeur généraliste, mais aussi avec Ferrari (dont Fiat détient 85%) et Maserati (100%). Ces deux marques ne sont pas seulement une vitrine pour la famille Agnelli. Elles sont surtout extrêmement rentables. En 2008, Ferrari a contribué à hauteur de 30% à la marge opérationnelle de l'activité automobile alors qu'elle ne génère que 6% du chiffre d'affaires de cette branche.

Et lorsque l'automobile va mal, Fiat peut compter sur l'équipement agricole et de construction avec Case New Holland (CNH), qui représente 21,4% de son chiffre d'affaires. La marque, qui construit des engins de chantier et des équipements agricoles, suit en effet des cycles différents du reste de l'industrie et dépend de l'évolution des prix agricoles. Pour preuve, elle a enregistré en 2008 une hausse de son chiffre d'affaires de 7,4%, à 12,7 milliards d'euros. Le résultat opérationnel a lui aussi bondi (+10%), à 1,122 milliard d'euros.

De quoi compenser en partie la baisse d'activité dans l'automobile, mais surtout de rendre moins difficile pour le groupe la baisse de l'activité poids-lourds (17,9% du chiffre d'affaires), fortement impacté par le retournement économique. Iveco, deuxième constructeur d'Europe avec 20% de part de marché, a ainsi publié une baisse de 3,8% de son chiffre d'affaires, à 10,76 milliards d'euros.

Enfin, comme dans tout empire industriel qui veut jouer de son influence pour défendre ses intérêts, Fiat possède son journal, La Stampa. Difficile de savoir combien coûte, ou rapporte, le quotidien turinois. Dans le rapport annuel, il n'apparait qu'au sein des "Autres activités", qui rassemblent des entreprises de services et des holdings. Toujours est-il que le tout a perdu 102 millions d'euros en 2008 après en avoir perdu 172 millions d'euros en 2007.