Paris joue la reprise

Julien Beauvieux

— 

Dans la foulée de statistiques américaines et chinoises encourageantes et de nouvelles rassurantes concernant les banques, le CAC 40 a terminé lundi 4 mai en forte hausse de 2,47%, à 3.237,97 points.

L'indice parisien a profité des nouvelles encourageantes en provenance de l'immobilier américain. Selon l’indice de l’Association nationale des agents immobiliers, les promesses de vente de logements anciens ont en effet progressé de 3,2% en mars, confirmant leur rebond de février, alors que les économistes tablaient sur une stabilité. Au cours du même mois, les dépenses de construction ont progressé de 0,3% contre une baisse de 1,6% escomptée par les analystes.

"Les chiffres de l'immobilier ont aidé le marché à accélérer", a observé Mace Blicksilver, de Marblehead Asset Management, cité par l'AFP. "Cela encourage les gens à mettre de l'argent en jeu. On profite de la fête, mais comme tout le monde à Wall Street, je crains un très sérieux repli à court terme".

Les investisseurs ont par ailleurs été encouragés par l'indice des directeurs d'achat publié par CLSA (Credit Lyonnais Securities Asia) concernant la Chine. Selon l'indicateur, qui est ressorti à 50,1 en avril, contre 44,8 le mois précédent, la production manufacturière du pays est repartie pour la première fois en neuf mois.

Plus forte hausse du CAC 40, l'action du groupe sidérurgique ArcelorMittal a clôturé en hausse de 12,56%, à 20,26 euros, dopé par les spéculations sur une reprise de la production manufacturière chinoise. Le cimentier Lafarge a également profité de la nouvelle, s'adjugeant 5,04%, à 45,40 euros. Le groupe a en outre bénéficié de l'annonce de la cession de ses activités turques de ciment, béton et granulats pour 163 millions d’euros.

Seconde au palmarès, la compagnie aérienne Air France-KLM a engrangé 8,51%, à 9,193 euros. Selon les observateurs, la pandémie de grippe A serait sur le point de se stabiliser. Le groupe hôtelier Accor a pour sa part terminé en hausse de 5,77%, à 34,08 euros.

Le compartiment bancaire a évolué en ordre dispersé malgré les signes de guérison entrevus pour l'immobilier américain. Bank of America a par ailleurs démenti préparer une augmentation de capital de 10 milliards de dollars pour tenir compte des "tests de résistance" imposés par les pouvoirs publics, tandis que le PDG de JPMorgan a déclaré que la banque n'avait pas besoin de capital supplémentaire. BNP Paribas a progressé de 3,86%, à 41,805 euros, Dexia de 0,91%, à 3,76 euros, et Société Générale est restée stable à 39,17 euros. Crédit Agricole a en revanche baissé de 0,27%, à 11,17 euros.

Le secteur automobile a poursuivi le rebond entamé début mars. Après une prise de participation dans l'américain Chrysler, Fiat s’intéresserait à Opel, la filiale allemande du constructeur automobile américain General Motors. Renault a grimpé de 6,84%, à 26,25 euros, tandis que Peugeot a gagné 1,98%, à 18 euros. Le fabricant de pneumatiques Michelin a de son côté gagné 4,95%, à 40,925 euros.

Enfin, le producteur de cosmétiques L'Oréal a engrangé 3,73%, à 56,24 euros, profitant des résultats meilleurs que prévu de son concurrent américain Estée Lauder. Hors exceptionnels, son résultat par action s'est établi à 16 cents, contre 5 cents anticipé par le marché. Le groupe a enregistré une baisse de 70% de son bénéfice au troisième trimestre 2008-2009 (janvier-mars), pour un chiffre d’affaires en repli de 10%.